JE SUIS CHARLIE – « Marcher pour faire passer des messages »

Ils sont partis de Bordeaux jusqu’à Paris / Photo DR

Les derniers kilomètres sont les plus durs. Ce soir, Hugo et ses amis arriveront à Manot, dans le Limousin. Cela va faire maintenant plus de quatre jours que cette dizaine de jeunes ont quitté Bordeaux, leur ville natale. Déterminés, ils souhaitent rejoindre la capitale à la marche pour faire passer des messages. Effrayés par les attentats qu’a connu la France ces derniers jours, ces jeunes souhaitent réaffirmer les valeurs de notre démocratie comme l’humanité, la liberté ou encore la tolérance. Rencontre avec un de ces «marcheurs».

Pourquoi avoir décidé de «marcher» ?

Nous souhaitions montrer que la jeunesse pouvait avoir un rôle dans la société. Nous sommes quand même l’avenir de la France, non ? En marchant de Bordeaux à Paris, nous voulons rappeler les valeurs fondamentales de la démocratie. Celles qui nous permettent de vivre ensemble tout simplement. Ces derniers jours, on a vu beaucoup de mouvements comme le nôtre voir le jour. Malheureusement, c’était à chaque fois des rassemblements régionaux. Avec notre marche, nous souhaitons mettre en place un mouvement national qui rassemblerait la France entière.

Comment est né votre projet ?

Tout vient d’un de notre ami, Redouane. Malheureusement, pour des raisons personnelles, il n’a pas pu participer à notre marche. Toutefois, c’est lui qui l’a pensée, qui l’a organisée. Même s’il n’est pas sur le devant de la scène, tout le mérite lui revient. On le cite d’ailleurs à chacune de nos interventions dans les médias.

Une marche organisée par des jeunes avait également vu le jour en 1983. Cette dernière se revendiquait pour l’égalité et contre le racisme. Le mouvement a d’ailleurs été adapté au cinéma avec le film La Marche de Nabil Ben Yadir sorti en 2013. Cela vous a t-il donné des idées ?

L’inspiration de notre mouvement vient sûrement de là, oui. Mais notre but n’est pas de reproduire la même chose. En marchant, nous voulons simplement défendre les valeurs qui nous sont chères.

Combien êtes-vous aujourd’hui ?

Actuellement, nous sommes seize. Alors que nous étions que six au départ de Bordeaux ! Il y a des étudiants, des lycéens et même des collégiens. Nous avons également un accompagnateur de 49 ans. Une organisation privée, qui nous soutient, nous fera rattraper les cours dans lesquels nous avons été absents. Nous sommes également soutenus par le Préfet de Bordeaux, celui de Paris, et la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

Comment faites-vous pour vous déplacer ?

Nous marchons toute la journée. Nous sommes à une moyenne de 30km par jour, soit six à sept heures de marche quotidienne. On essaye de s’adapter au rythme de tout le monde…

Et pour manger ? Dormir ?

Les mairies des villes que nous traversons durant notre marche ont accepté de nous loger et de nous fournir des repas gratuitement. Par exemple, mercredi soir, nous étions au centre de loisirs d’Angoulême. On est toujours accueilli chaleureusement. On les remercie vraiment !

Et Paris, c’est pour quand ?

L’arrivée dans la capitale est prévue pour le 23 janvier. Notre marche se terminera devant les locaux de Charlie Hebdo en hommage aux dessinateurs morts suite aux attentats. Nous espérons qu’il y aura beaucoup de monde avec nous. Mais pour l’instant, on préfère garder les pieds sur terre, aucun nombre n’a été envisagé.

Beaucoup de médias vous-ont ils contacté ?

Oui, énormément. Nous avons eu beaucoup de journaux, comme Sud Ouest, la Charente Libre, 20 minutes, Le Parisien… Beaucoup de radios aussi comme RTL, qui nous suit de près, Chérie FM, France Inter… Hier, nous avons même eu une équipe de Canal + qui nous a suivi toute la journée ! Je m’attendais à une médiatisation, mais pas à un tel point ! Je tiens tout de même à rappeler que notre but n’est pas de faire le buzz, nous marchons simplement pour faire passer des messages…

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