VIGIPIRATÉ – La presse locale mal sécurisée ?

Des soldats français sécurisent le parvis de la Tour Eiffel à Paris. / Photo d’illustration Ministère de la Défense

Alors que le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures censées lutter contre le terrorisme, à Lannion, on se sent peu concernés par la menace. Et il faut croire que la police et les employés municipaux sont eux aussi sereins face à l’agitation parisienne.

 

« Étant en première ligne, je vois juste plus de policiers », confie Elizabeth Lair, secrétaire de l’hebdomadaire Le Trégor. À l’entrée de sa rédaction comme à celle du Télégramme, aucun digicode, pas de fouilles, ou de vérifications d’identité. Pourtant, après la tuerie de Charlie Hebdo et la prise d’otage de l’Hyper Casher qui ont fait 17 morts, les rédactions sont concernées par le plan Vigipirate. Déclarées comme lieux sensibles, elles sont l’objet d’une forte surveillance par les services de la police nationale et de la gendarmerie selon le territoire. Pourtant, à Lannion, la psychose parisienne n’est visiblement pas parvenue dans les rédactions et les services de police.

En effet, malgré les nouvelles dispositions du Ministère de l’Intérieur prévoyant d’ajouter les rédactions au parcours de leurs patrouilles, le quotidien des rédactions change peu. « On passe six fois par jour, jamais aux mêmes horaires », dévoile ainsi le commandant Jean-Marie Piprot. Mais, pour un passage sur deux, le contact doit être pris dans chaque rédaction, presque une simple formalité. « On va serrer la pince », précise le commissaire de Lannion. C’est aussi l’occasion de « distribuer des recommandations notamment être vigilant en fin de journée. »

Des mails de prévention perdus dans l’Internet ?

Ce nouveau quadrillage, les quatre secrétaires de la mairie de Lannion assurent, en chœur, « ne pas en avoir connaissance ». Une ignorance paradoxale, car elles devraient être informées de ces directives via leur boite mail.

De même, aucune rédaction n’a confirmé la prise de contact annoncée. Journaliste au Télégramme, Valérie Le Moigne confirme « le passage de patrouilles », et l’ordre donné « par notre siège de fermer notre entrée (avec porte à clé sécurisée suivi d’un sas) en fin de journée, toujours plus agitée. » La règle est la même pour leurs concurrents de Ouest-France.

Rédacteur en chef du Trégor, Erwan Hirel a reçu un communiqué de la Préfecture de Police demandant si des mesures seraient prises. « Chacun fait comme il veut ! », classe-t-il. À Ouest-France, le plus gros quotidien régional de France, on insiste « sur la différence de contenu » avec Charlie Hebdo, comme une assurance de ne pas être pris pour cible. Loin des titres satiriques visés et des mégapoles plus souvent sujettes à des attentats, les trois rédactions trégorroises ne se sentent nullement inquiétées. « On est à Lannion, quand même ! », clament les journalistes. Aucune rédaction ne se sent en fait en état d’alerte. Certes, la presse locale lannionnaise ne semble pas être la cause de la violence des fanatiques religieux. Mais mieux vaux prévenir que guérir.

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