ROCK’N SOLEX – Pas de starter

Le plus vieux festival étudiant de France revient cette année pour sa 48ème édition. L’année dernière, les étudiants de l’INSA Rennes avait concocté une programmation aux petits oignons avec notamment Cassius, Digitalism, Alborosie, Naaman, Andy C, FKJ ou encore GriZ. Rester au même niveau ne fut pas une mince affaire mais cette année encore, le festival était un régal. Hier soir se déroulait l’ouverture officielle des concerts, après le traditionnel fest-noz du mercredi.

 

THE FATS BADGERS

C’est la politique du festival, l’ouverture se fait avec le groupe ayant gagné le tremplin organisé par l’équipe. Cette année, ce sont les survoltés Fat Badgers, venus tout droit de Strasbourg et d’une autre galaxie qui endossent la lourde responsabilité de chauffer le public. Malgré la pluie, encore peu de monde lorsque les premières notes résonnent sous le chapiteau, mais le ton est donné : l’ambiance sera funky. Combinaison rouge ouverte sur tout le torse, chemise à paillettes dorées, patalon pat def rose, les quatre alsaciens arborent fièrement les teintes des années 70 et 80. La folie du groupe se détaille jusqu’à la planche à repasser servant de repose-synthé et à une bouche dessinée sur papier classique, collée à la U-hu sur la grosse caisse. Et ça sonne quand même ! Après un premier morceau d’introduction digne des concerts funk à la Funkadelik, The Fat Badgers nous montrent toute l’étendue de leur talent. La basse claque, la batterie cogne, la guitare danse et le clavier balance ! La voix de Cyprien, le claviériste, sera même transformée tout au long du concert pour passer d’une voix « Hélium » à une voix « Barry White » et on notera un très bon remix électro-funk de Goldie Alexander avec Show You My Love, retitré Cause I Never. Une entrée en matière qui aura mis les festivaliers en condition et qui rappelle si besoin est que la funk fait définitivement son grand retour dans la musique actuelle.

LYRICSON

Après cette belle entrée en matière, le public à grande majorité venu pour écouter et danser le reggae attend le prodige Guinéen Lyricson. Avec une régularité impressionnante au niveau des sorties d’albums, le chanteur se fait attendre pendant que le groupe introduit l’ambiance qui régnera durant la prochaine heure. Il s’est arrêté de pleuvoir, le public est en feu, crie et Lyricson entre alors sur scène. Dans le même temps, les briquets s’activent et une odeur jamaïcaine envahit la fosse… chose caractéristique pour la soirée du jeudi soir au Rock’N Solex. Les morceaux s’enchaînent, l’ambiance est là et on sent que les musiciens ne se sont pas rencontrés hier. On sent une réelle complicité entre les musiciens et il faut le dire : ça gère. Autour de moi, les sourires se lisent sur les visages, les groupes de spectateurs se mélangent et les mouvements se font lentement mais surement. Ce concert marquera alors l’entame du festival pour tous les amateurs de musique rouge, jaune et verte et cela se ressent dans l’atmosphère.

GUTS

Pour les rastas, la soirée se continue sur la petite scène où le collectif breton I-Skankers a investi les platines. Pour les autres, le parigot Fabrice Henri, alias Guts, s’apprête à présenter son dernier album Hip-Hop After All en compagnie de ses musiciens sur la grande scène. Le co-fondateur d’Alliance Ethnik est donc de retour sur les planches rennaises pour remettre un petit coup de funk-hip-hop aux amateurs. Dés les premières notes, le public est conquit, les bassins se balancent au rythme de la basse et de la grosse caisse. Après quelques morceaux où hip-hop et groove ne font qu’un, le crew prend une tournure essentiellement hip-hop, version west-coast old school. C’est alors qu’une marée de main se lèvent et se baissent sur chaque temps. Enfin, pour finir, le groupe entonne le magique Man Funk pour lequel des panneaux de match de boxe nous dictent les paroles, suivi de l’incroyable Want I Back qui ne durera que 8 petites minutes, puisqu’il sera relancé 2 fois par les musiciens, visiblement conquis par le public du Solex. Un grand show.

Anthony B

La nuit est tombé, l’état d’ébriété moyen a légèrement grimpé depuis l’ouverture, et le reggae reprend place forte avec Anthony B. Pour certaines personnes du public, le jamaïcain de 20 ans de carrière sortait déjà des albums bien avant leur naissance. Le concert commence sur les chapeaux de roues avec une énergie incroyable et des breaks destructeurs. Le public est chaud, la foule est très impressionnante à voir de loin, drapeau breton hissé et c’est alors que Freedom Fighter, titre éponyme de son album de 2012 résonne sous le chapiteau. Les festivaliers se sentent chez eux et ça s’entend. S’en suivent, des morceaux festifs, une reprise exceptionnelle de Imagine de John Lennon, des chansons fédératrices pendant lesquelles chaque spectateur a envie de se tenir les épaules. Le concert se conclura par le mythique One Love de Mr. Bob Marley suivi d’un morceau dont la distorsion de la guitare aura fait trembler nos organes. Il n’en fallait pas plus pour que le public se souvienne de ce concert splendide, sous le signe de la Jamaïque, plus que jamais.

Biga*Ranx

Le dernier concert de clôture de la soirée sera celui du jeune Biga*Ranx. Plus de la moitié des festivaliers n’est venue que pour lui et le flow du MC fait déjà parler dans la fosse avant le concert. L’ambiance s’installe rapidement et elle sera dub et même plus dark… Les rythmiques hip-hop s’enchaînent et sont lourdes de basses, les cervicales travaillent et les bras se balancent dans tous les sens, et Biga sort tout son talent dans des moments de transe pendant lesquels plus rien n’existe. Le public est plus que dedans, tous les morceaux sont repris par les fans et les « pull-up » se suivent mais ne se ressemblent pas. Les basses deviennent de plus en plus lourdes et agressives au fur et à mesure que le live avance. La soirée se terminera alors dans un brouhaha total et une explosion dantesque pendant laquelle le public ne formera plus qu’une seule marée humaine, formant une vague des plus impressionnantes. Une clôture violente comme on les aime pour une première soirée très réussie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.