FREE-PARTY – Des mouvements anti-répressions aux échanges avec les autorités

« Danger: caisson sous pression », c’est un des slogans que portaient fièrement les teuffeurs, le 31 janvier dernier. Ils s’étaient réunis pour une manifestation d’ampleur nationale. « Faire entendre nos revendications, faire cesser les saisies abusives » tel était le but de cette manifestation. Il y a quelques semaines un groupe de travail interministériel se penchait sur la question des free-party.

Le droit de faire la fête

40 Villes de France ont été l’objet de ce rassemblement, 10 000 personnes étaient présentes afin de défendre le mouvement techno. La liberté d’expression, le pays des droits de l’homme sont des mots souvent utilisés dans le discours des teufeurs.  » Chacun devrait avoir le droit de faire la fête comme il le souhaite en toute liberté », explique Arthur, un des manifestants présent à Rennes. Dans la ville d’où il vient, Nice, les teufs « sont encore plus surveillées et encore plus difficiles à organiser à cause des politiques qui sont aux commandes », il tient à souligner la chance qu’à la Bretagne par rapport aux autres régions de France. Pour certains habitants de Rennes passant devant le stand de la manifestation, « ils troublent l’ordre public, ils arrivent, s’installent et mettent leur musique à fond. C’est irrespectueux pour les habitants autour mais aussi pour les animaux, ils ne pensent pas forcément à la faune. » explique Cathy habitante d’une commune près de la ville.

Des revendications précises

Il y a quelques semaines des échanges interministériels étaient en cours afin de savoir si, premièrement des révisions de lois peuvent avoir lieu, et enfin de savoir si les pratiques de gestion des free parties par les pouvoirs publics locaux bénéficieront du soutien du ministère de l’Intérieur ou non.

« A partir de 500 personnes, nous devons déclarer la free, nous demandons que ce seuil soit réhaussé, nous demandons la restitution du matériel saisi, la fin des saisies abusives, la diminution des sanctions liées à l’organisation des free, et enfin qu’ils acceptent de nous considérer comme une culture. Nous ne demandons pas une légalisation du mouvement » Autant de revendications que d’actions. Un problème existe: les teufeurs n’ont pas réellement de représentants, certains sound-system ou bénévoles de l’association techno + prennent en mains les mouvements anti-repression, accompagnent les teufeurs quand ils entrent dans un conflit avec la justice et tentent d’instaurer un échange avec les politiques. Il existe également le forum national Sound System Unity, ouvert à tous activistes de la teuf qui permet aussi de discuter des propositions et revendications, le but étant aussi de se mettre d’accord au sein du mouvement.

Après maintes tentatives, le Délégué Interministériel à la Jeunesse, M. Dujol a écrit un courrier au mouvement techno dans lequel il invite le mouvement à reprendre le dialogue avec l’État en septembre 2014 autour de 12 propositions de travail. Des propositions qui, accuse techno +, n’ont pas été tenues.

Bonne nouvelle, une petite avancée dans le monde de la free-party. Le 26 mars, un nouveau circulaire du ministère de l’intérieur à été rédigé. Il stipule notamment que dans chaque département, depuis le 3 avril 2015, un médiateur sera nommé afin de permettre un contact plus serein avec les ministères concernés.

Charlotte Billault

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