ASTROPOLIS #21 – Un week-end de fête techno grandiose

Alors que toute la France subissait la canicule, la ville de Brest reste fraiche. La solution trouvée pour ne pas mourir sous la chaleur : un week end techno.

 

Photo Yann Le Ny

Jour 1 : Astroclub

Il est 01 h 15 du matin et la foule devant l’Astro Club attend l’ouverture pour rentrer. « J’espère que la soirée va continuer jusqu’à 7 h 15 », râle d’impatience un festivalier. Le week-end techno a pourtant déjà commencé pour beaucoup de monde. Devant une enceinte dans un parking ou devant Manu Le Malin au port, les festivaliers s’en mettent plein les oreilles.
Quand les portes s’ouvrent enfin, on peut aller écouter le premier set qui passe. Alors que le petit club se remplit, l’ambiance commence doucement à monter. Ce soir, Mioche fait le chauffeur de salle. Au fur et à mesure, les festivaliers dansent sur les sons éclectiques de Mioche. Astropolis est indéniablement le festival de tous les âges. Sur la piste, les jeunes convertis à la techno côtoient les habitués.
Un autre set s’enchaîne, c’est celui de John Talabot. L’ivresse est alors à son maximum et ne redescendra pas avant la fin de la soirée. Avec un set passant d’une house puissante à des sons acides, Talabot chauffe le public à blanc. Et cela se voit à l’atmosphère suffocante de La Suite. L’ambiance devient de plus en plus survoltée. Des téméraires se mettent à se trémousser sur les amplis de basses. Ils sont nombreux à danser jusqu’à en dégouliner de sueur. Le club est transformé en sauna. La pause devient obligatoire pour tenter de respirer, dehors.
S’enchaîne le live de Recondite, qui mixe pour la seconde fois en Bretagne en quelques mois. La dernière fois, c’était pour Panoramas. Le son tabasse autant. Ses sonorités mélangent une ambiance planante à une rythmique efficace toute en puissance. DVS1 conclut la première soirée toujours sur un rythme de techno bourrin. A l’intérieur, le public fatigue mais tient le coup. Il est 7 heures. Pendant que les brestois se réveillent, Astropolis s’endort alors qu’une deuxième nuit de folie se prépare.

Photo Yann Le Ny

Jour 2 : Keroual

Le son repart de plus belle, dès 13 heures, puisque le Mix ‘n Boules est déjà prêt. Un mix a lieu aussi à Beaurivage. Un bon moyen pour les festivaliers fraîchement arrivés de se mettre dans l’ambiance et pour les autres de le rester. Durant l’après-midi, les différentes activités tout en techno se multiplient. Les festivaliers sont gâtés jusqu’à 20 heures.
Après quelques heures d’errance et une très longue attente à tous les checks points, il est enfin possible de rentrer à Keroual. La magie d’Astropolis et les choses sérieuses commencent ici, au Manoir. Au coeur de cette soirée, une multitude de sons, tous différents, sont à écouter pour les fans de techno, avec les cinq scènes. Le Mekanik, parrainé par Manu Le Malin, offre du hardcore. Du dubstep le plus efficace de The Bug, aux excès de techno hardcore de Ruffneck en passant par la drum ‘n bass de Elisa Do Brasil, cette scène est sans doute la meilleure du festival. Les concerts y sont impressionnant comme la prestation de Extreme Precautions qui apporte un côté mystique et classieux à la techno hardcore. Un live à la hauteur de son album qui est une démonstration de puissance.
La scène Astrofloor est aussi là pour faire le plein de bon son. Deux grosses pointures y sont : Squarepusher et Boys Noize. Ce dernier nous réconforte en prouvant qu’il adore encore l’acid. Après quelques escapades dans le milieu mainstream de l’EDM, cela rassure. Avec celle du Sonic Crew, ces deux prestations font de cette scène un aussi bon plateau que le Mekanik. Squarepusher montre une prestation entre l’IDM et la drum ‘n bass qui part dans tous les sens.
La Cour, celle souvent considéré comme la scène principale, est toujours pleine à craquer de danseurs survoltés. Ce plateau montre des sonorités plus oldschool par rapport aux autres scènes. Alors que Paul Woolford accompagne le lever du soleil dans La Cour. C’est la légende Lil Louis qui conclut cette nuit à Keroual. Même si le set est « bon mais décevant par rapport à ce qu’est la légende » analyse certains festivaliers, il conclut le festival torse nue, à 53 ans, en faisant danser la foule.
10 heures. Après un trajet long pour certains, les festivaliers rentrent de Kéroual. En plein milieu de matinée, des centaines de clubbers errent à la recherche d’un lieu où se reposer après cette nuit mouvementée. Pour les plus vaillants, le Cabaret Sonique continuera de décharger des décibels, avec notamment le projet techno de Manu Le Malin aka « The Driver ». Mais il était plus sage de s’en arrêter là.

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