EZ3KIEL – « La qualité d’écoute n’est pas la même en festival »

Les festivals sont un bon moyen pour rencontrer un nouveau public, mais c’est aussi un défi. Ez3kiel a toujours énormément joué sur les visuels pour mettre en valeur sa musique et c’est ce qu’il a fait aussi aux Vieilles Charrues. Interview.

 

Le groupe mise sur le son mais aussi beaucoup sur l’image. © Yann Le Ny

Report Ouest – Vous êtes un groupe qui a une énorme préparation de lives avec le projet « Naphtaline Orchestra » ou encore Ez3kiel Extented. Avez-vous préparé quelque chose de special pour les Vieilles Charrues ?

Ez3kiel – On ne prépare pas un truc spécial pour le festival. On est en tournée depuis octobre. On est actuellement sur le projet Lux, qui veut dire lumière en latin et que l’on a travaillé dès la création de l’album. On a fait un travail sur la scénographie mais aussi sur la couleur des morceaux pour qu’il y ait une cohérence entre les deux. On utilise sur scène un mur de LED automatisé. Au lieu de projeter une image, on utilise la scène comme une image. Les musiciens en font donc partie et les ombres et les lasers servent à habiller l’espace scénique.

Cela vous permet de mettre une esthétique sur un morceau…

C’est ça. Cela donne une esthétique singulière aux différents morceaux. C’est vraiment ce qui caractérise le projet que l’on joue dans des salles ou en festival.

Pourtant en festival, il y a une autre ambiance qu’en salle. Vous essayez de recréer la même chose ?

Non, on ne peut pas. La qualité d’écoute n’est pas la même en festival et la qualité de silence non plus. On est un peu contraint d’écarter les morceaux les plus intimistes et les plus calmes. On favorise plutôt les plus « rentre-dedans ». C’est pas pour attirer le public, on veut surtout éviter qu’il s’en aille (rire). Le festival est un exercice très particulier. Il faut accrocher le public. Il y a tellement de groupes que l’on ne joue pas forcément devant des habitués. Il faut maintenir une tension car si l’on devient trop intimiste, les gens s’ennuient rapidement.

Vous pensez que les projets orchestraux comme vous l’avez fait sont transposables sur une scène de festival ?

On a déjà fait l’Extended en festival où l’on était une quinzaine mais après c’est délicat. Cela dépend de plusieurs facteurs comme par exemple de la programmation musicale. Après le projet avait été préparé pour les théâtres et les salles assises. Il y avait une dimension atmosphérique qui faisait que l’on se retrouvait à jouer très bas. Et ça ne convient pas forcément au public qui est là pour faire la fête… Mais nous, on n’est pas un groupe qui fait la fête (rire) ! Après Pierre Lapointe joue sur la scène Glenmor (la grande scène des Vieilles Charrues NDLR) et ça marche, mais il joue tôt. Donc ça dépend aussi des horaires. Lors de l’Extended, on était programmé vers 22 heures. A cette heure-là, les gens veulent danser.

D’ailleurs comment gérez-vous les horaires avec les festivals ?

On est obligé de jouer dans l’obscurité depuis notre existence ! Donc quand on était moins connu, on jouait vers 3 heures du matin. Maintenant, on est obligé de jouer au minimum à 22 heures. C’est un vrai défi pour les festivals puisque le groupe n’est pas une tête d’affiche. Le public d’Ez3kiel n’est pas majoritaire en festival, alors qu’on a la place d’une tête d’affiche. C’est vraiment un pari artistique des programmateurs du festival.

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