INTERVIEW – Julie Bresset s’offre une dernière chance

Il y a trois ans, Julie Bresset s’imposait lors de l’épreuve de VTT des JO de Londres. (Photo Creative Commons © Sébastien Boue).

Les problèmes de santé sont enfin finis pour Julie Bresset. Éloignée de la compétition durant plusieurs mois en raison d’un virus, contracté au mois de mai, la Briochine de 26 ans a fait son retour à la compétition début août. Après des Mondiaux de VTT sans éclat (26e), le 5 septembre dernier, la championne olympique en titre s’était confiée à Report Ouest. L’occasion de faire le point sur son avenir et sur sa carrière, pleine de rebondissements.


Aujourd’hui, comment vous sentez-vous physiquement et moralement ?
Ça va très bien ! Moralement je me sens bien, cette année c’est plutôt physiquement que ça a été dur. Ça s’est vu lors de la reprise de la compétition, mais après seulement un mois d’entraînement je ne peux pas non plus espérer des miracles. Donc je prends les choses comme elles viennent. Ça avance tout doucement.

Pouvez-vous nous raconter ces derniers mois difficiles, entre la séparation avec votre entraîneur, Benoît Gloux, et ce virus qui a prématurément stoppé votre saison ?
C’est vrai que cette année a encore été compliqué. Je suis tombé malade. Mais si on revient un peu en arrière, il y a eu une accumulation de fatigue qui me fait penser que ça ne m’est pas arrivé par hasard. Donc forcément je suis déçue. J’en ai peut être fait un peu trop aussi sur le vélo. Et puis avec mon entraîneur on était arrivé au bout de nos limites, que ce soit moi, ou lui, parce que ce n’est pas son métier, il est chef d’entreprise. Il me consacrait beaucoup de temps, mais ce n’était pas assez pour moi. Il fallait vraiment quelqu’un de plus présent, et Benoît ne pouvait pas m’accorder cela. Donc on a décidé d’arrêter là notre collaboration. C’était mieux pour tous les deux.

Vous disiez ne pas être tombée malade par hasard. Que voulez-vous dire par-là ?
Les hivers étaient trop chargés, je ne me suis pas accordée suffisamment de repos. Mais ça ce sont des choses que j’apprends sur moi avec le temps. Avant j’arrivais à compenser mais aujourd’hui ce n’est plus le cas. À un moment le corps dit stop, et clairement il lâche. Quand un athlète tombe malade ce n’est pas pour rien.

Ce pépin physique a-t-il un lien avec votre « burnout » de l’an dernier ?
Oui, l’année dernière c’est la tête qui a lâchée parce que je n’en pouvais plus. Au final j’ai pu reprendre le fil, mais physiquement j’ai continué sur le même rythme qu’auparavant, jusqu’à atteindre mes limites. Sur deux ans j’ai connu une double saturation.

Quels changements avez-vous opéré pour ne plus connaître ces soucis de santé ?
Déjà, j’ai changé d’entraîneur, ce qui est une évolution de taille. (Elle est désormais sous les ordres d’Yvan Clolus, ndlr). Les journées sont différentes, je découvre d’autres choses sur l’entraînement. Et j’ai appris beaucoup de choses sur moi-même. Qu’il fallait que je m’accorde du temps pour moi, que j’écoute mon corps lorsque j’ai des signes de fatigue. C’est un ensemble de petites choses auquel je ne faisais pas attention avant qui font qu’aujourd’hui j’arrive mieux à équilibrer ma vie et mes besoins. Ce qui fonctionnait avant ne fonctionne plus maintenant. J’avais besoin de changer pas mal de choses.

© Thomas Bregardis

« Dans un an, je veux être aux Jeux »

 

Dans quel état d’esprit abordez-vous la prochaine saison ?
Avec plein d’ambitions. Si je fais beaucoup d’efforts, si j’essaye de restructurer ma vie d’athlète, c’est bien entendu dans le but de revenir. J’espère juste que ça va bien se passer, que je suis sur la bonne voie. Je me dis que cette saison c’est un peu ma dernière chance, et si je me la donne, c’est parce que j’estime que ça vaut le coup.

Cela signifie que vous arrêteriez-le vélo en cas d’absence de résultats ?
Oui, j’ai eu tellement de galères qu’au bout d’un moment c’est dur à encaisser. J’ai accumulé beaucoup de pépins, au point que je ne pensais pas pouvoir me relever et retrouver le haut niveau. Mais tout ça c’est derrière moi, aujourd’hui je veux aller de l’avant. Et si ça ne fonctionne pas ce n’est pas grave, l’important c’est que j’aille au bout de mon histoire avec le cyclisme.

Les Jeux de Rio sont dans un an. Vous êtes la tenante du titre de l’épreuve de VTT. À combien évaluez-vous vos chances d’y participer à l’heure actuelle ?
Clairement, je ne sais pas, cela dépendra de mon état de forme et de mes résultats. On verra début 2016 où j’en suis au niveau international. Mais si je marche bien je pense avoir ma petite chance d’y être. Et bien sûr j’ai envie de défendre mon titre, donc je ferai tout pour être dans le groupe. Après il faudra mériter sa place, donc ça dépendra vraiment de ma condition physique.

Rêvez-vous toujours d’une nouvelle médaille olympique, malgré tous les soucis que vous avez rencontré ?
Je suis lucide, pour l’instant je vous dis non car je sais que c’est impossible dans l’état où je suis. Je suis plutôt dans l’état d’esprit d’y aller pour défendre mon titre parce que c’est le mien. Après il se passera ce qu’il se passera. Mais si je vais aux Jeux, je veux y participer en ayant retrouvé tous mes moyens.

Disputer les Jeux de Rio c’est donc l’objectif de votre saison ?
Oui, le reste c’est du bonus. Mais pour ça il faudra que je sois en forme, et que les Coupes du monde se soient bien passées. Donc je ne mets pas de pression pour l’instant, mais dans un an je veux être aux Jeux.

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