Pas de mots…

Lundi soir à Lannion, l’heure était au recueillement. A 18 heures, sur la place de la Mairie, les habitants se sont réunis autour du maire, leurs pensées tournées vers la capitale et les 130 victimes des attaques du 13 novembre.

 

© Photo Mathilde Delacroix

Près de 1 000 personnes étaient là, face à la mairie, la tête baissée, les pensées à quelques centaines de kilomètres d’ici. Pourtant, un silence de plomb régnait ce lundi dans les rues de Lannion. Un silence qui en dit long sur les états d’esprit : l’impuissance face à la violence.
Une minute de silence a été respectée avant que le maire, Paul Le Bihan, qui avait pris la décision d’annuler le conseil municipal, ne s’exprime pendant quelques minutes.
Ils étaient nombreux à être venus avec des messages de soutien, des fleurs et des bougies à la main. Les plus petits aussi, allumaient avec précaution les petites flammes jaunes, une lueur d’espoir dans la nuit noire, à laquelle on se raccroche pour ne plus avoir peur. Et c’est bien le sentiment qui dominait les Lannionnais ce soir. Se battre pour tous ceux qui ont perdu la vie, y croire et surtout continuer à vivre.
« Il faut faire front, rester unis contre cette barbarie et rejeter la haine de ces assassins », pouvait-on entendre dans la foule.

L’important ce soir-là, c’était d’être ensemble. Et si chacun a décidé de sortir en cette sombre et fraîche soirée de novembre, c’était bien pour cette raison. Peut-être est-ce une façon pour les Lannionnais de s’assurer que la haine n’est pas omniprésente dans le monde, de trouver un moyen de se rassurer, de se sentir moins seul face aux évènements. Une chose est sûre : lundi dernier, tous étaient rassemblés autour d’une seule et même pensée. Peu importe l’âge, la religion ou encore l’origine. Peu importe que les visages et les prénoms qui ont défilé dans les médias soient pour la plupart inconnus.

 

Vendredi 13 novembre, 21h20, l’horreur

 

Il y a déjà une semaine, l’horreur s’abattait sur Paris. Les premières explosions retentissent rue Jules-Rimet, à Saint-Denis, près de la porte D du stade de France. Ce sont les premières d’une longue série. Pour la première fois, des attentats kamikazes visaient des lieux au hasard, pour faire le plus de morts que possible. Aujourd’hui, le bilan fait état de 130 morts et plus de 300 blessés. Cette barbarie, revendiquée par l’Etat Islamique a bouleversé les français. La cicatrice des attentats de janvier 2015 n’était pas encore refermée. Pourtant, il serait trop facile de se laisser abattre. La peur ne prendra pas le dessus. La jeunesse continuera de sortir. Cette jeunesse si insolemment heureuse. Si odieusement pleine de vie, de la vie qu’on mène à Paris, en France et dans les quatre coins du monde. Des libertés qui répugnent certains individus. Et puisque ce sont à ces valeurs qu’ils se sont attaqués vendredi, il faut continuer à rire, à faire la fête, et à aimer. Aujourd’hui c’est un devoir.
Un éclat de rire contre une kalach.

La rédaction

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