BRESIL – À Mariana, sept mois plus tard, la reconstruction ?

Alors que le Brésil fêtait son jour de l’environnement, samedi 4 juin, la rupture du barrage minier de Bento Rodrigues en novembre dernier fait encore l’objet d’une controverse importante sur la politique du Brésil, en matière de développement industriel.

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“La catastrophe écologique la plus grave de l’histoire du pays.” Dilma Rousseff, présidente du Brésil, résume bien la stupéfaction générale après l’effrondrement de deux barrages de rétention de boues minières, dans l’État du Minas Gerais, le 5 novembre 2015. Plus de 60 millions de mètres cubes d’une substance ocre et toxique se sont déversés sur le village de Bento Rodrigues, en contrebas, tuant au moins 20 personnes, avec autant de disparus et une cinquantaine de blessés. Le mélange, agrégat de silice, de fer, de manganèse, s’est déversé dans le Rio Doce (le fleuve doux, en brésilien), long de 850 kilomètres, et il contiendrait aussi du mercure, du cuivre voire de l’arsenic à haute dose. Samarco, le consortium minier responsable, a écopé de 5,2 milliards de dollars d’amende.

Un nouveau village en approche

Pourtant, sept mois après, les compensations semblent être bien insuffisantes au vu des dégâts causés sur le long terme. L’activité agricole du bassin versant est devenue impossible, et le demi-million de personnes dépendant de l’eau de la rivière pour son hydratation personnelle est toujours à court de solutions durables. Déclarée morte pour au 10 ans selon les autorités, aucune amélioration sanitaire du “Rio Morto”, comme le surnomme désormais les habitants, n’est à prévoir.

Pour l’instant, les survivants sont relogés dans des hôtels basiques de Mariana, la capitale de canton. Les habitants ont déjà choisi un nouveau lieu de vie : appartement à… Arcelor Mittal. On parle de panneaux solaires, de constructions pensant au développement durable, de récupération d’eau de pluie. « Nous voulons que la maîtrise d’oeuvre commence le plus rapidement possible. Les personnes n’en peuvent plus de rester dans des locaux temporaires au centre de Mariana », exige Antônio Pereira, le représentant des habitants. L’ancien district de Bento Rodrigues, lui, devrait sans le vouloir rentrer au patrimoine historique national dans l’année à venir, après un vote à la Chambre municipale de Mariana. Les prémices d’un pays qui change de cap ?

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