ASTROPOLIS 22 – Keroual boueux, Astropolis heureux

 

Crédit photo : Alban Gendrot

 

Tout au bout des terres bretonnes, dans la ville de Brest, se tenait ce week-end, Astropolis, le plus vieux festival de musiques électroniques français. Une véritable fête de trois jours dédiée à l’électronique depuis 22 ans. Nous y étions et on va raconte ça plus bas.

 

Crédit photo : Alban Gendrot

Jour 1 : Deux femmes pour exploser un Bunker

Notre périple débute avec la Croisière d’ECHAP et BRST. Environ 150 personnes sont à bord pour une petite visite de la rade de Brest. La croisière part à 18 heures. Loïc est aux platines depuis le début de l’embarquement et chauffe le pont pour l’équipe de BRST. Depuis maintenant deux ans, été comme hiver, Astropolis propose des croisières. Une des premières a d’ailleurs été organisée avec le collectif BRST. Encore une fois, le festival leur fait confiance et ECHAP vient les épauler pour l’organisation. Du line-up jusqu’au « chien chaud » tout est géré par les deux crews qui ont carte blanche.
C’est cette occasion que Jeanville, créateur du jeune label Eddy Larkin, a choisi de présenter un tout nouveau live avec une ambiance assez sombre, parfois hypnotique avec énormément de basses. Un bon boulot mais trop tôt pour le public. Après une heure de set, il laisse la place à ses camarades Carlton et Pierre Graal. Dans le même style bass music que Jeanville, les deux DJs enchaînent avec particulièrement d’aisance les tracks durant leur set. Le public agglutiné à l’intérieur scande des chants obscurs : bololo ahah bololo ahahah. Un pingouin fait même un slam sur le public, Pour finir en apothéose cet échauffement qui annonce le début des festivités, le groupe envoie des brûlots qui achèvent cette croisière.
Quelques heures à peine pour se restaurer, et c’est déjà reparti pour une deuxième mise en jambe avec le Bunker Palace et une soirée spéciale. R&S Record, le label belge, est là en nombre avec une techno sans fioritures pour ce premier moment important du festival. La programmation, sans tête d’affiche, dénote par rapport aux dernières éditions (Apparat et Dixon pour l’année dernière rien que ça !).
La soirée commence en douceur avec Space Dimension Controller et un live lent. L’anglais a du mal à faire danser le public, qui reste sur ses appuis. Puis c’est l’arrivée de Nastia qui, en quelques minutes, met un coup de pied dans la fourmilière. L’ukrainienne sort le public de sa torpeur avec un mix techno, violent et dansant, comme on aime. À l’opposé de la grande salle, dans le Club, commence Synkro. Le mancunien livre une ambiance très hypnotique et electronica, un refuge pour ceux voulant se préserver.

 

Crédit photo : Mathieu Le Gall

Crédit photo : Souenellen

Alors que Synkro continue dans le Club, de l’autre côté de Nastia finit son set, acclamée, et laisse les platines à Renaat. Créateur du sacro-saint R&S Records, le set est pourtant raté avec des erreurs grossières lors des transitions… Comme quoi ce n’est pas toujours le CV qui compte. De son côté, Synkro cède la place à un Alex Smoke dans un ambiance slow house. Pendant que Renaat lui laisse la tête d’affiche, Paula Temple prend place sur scène. Et ce qu’on attendait arrive, une heure et demi de techno explosive à décoller les tympans. Mais ce n’est que le début parce que le gros morceau arrive le lendemain…

Jour 2 : Boue, Hardcore et Minimale

L’après-midi, la ville de Brest respire la techno dans tous les coins de rue. L’ambiance « Astro » est omniprésente, que ce soit au Piknik Electronik, au Mix’n’boules ou encore à la place de la Liberté pour l’Astro Family. Après un before, c’est l’heure de prendre la navette pour la soirée au Manoir. En rentrant au bois de Keroual, le festivalier est plongé directement dans l’ambiance. Les décors font voyager les visiteurs dans un monde féérique et unique. Les boules lumineuses s’allument derrière la scène de la Cour comme sur les machines de Maxime Dangles. Le français est venu accompagné de son synthétiseur modulaire aux allures futuristes et intrigantes pour son projet DNGLS. Le membre de Mod3rn livre un live qui nous transporte dans l’espace et nous chauffe pour la soirée. Helena Hauff prend le relais. La pluie s’invite également au rendez-vous mais ce n’est pas ça qui décourage les festivaliers motivés. La productrice allemande fait résonner la Cour au son d’acid techno pendant que l’on surveille l’heure pour ne pas louper Venetian Snares à la scène Mekanik. Son live nous met d’ailleurs une claque – comme l’on s’en prend rarement – en pleine figure. Au programme, du breakcore et de l’IDM. Ça tabasse sévère, sans doute trop pour les âmes sensibles.


Après avoir eu la tête retournée, nous décidons d’aller voir Len Faki à l’Astrofloor. L’allemand a commencé son set quinze minutes auparavant. Le chapiteau est plein. Le temps fait des siennes et les festivaliers sont tous venus s’abriter, à l’abri. Après s’être frayé un chemin au milieu de la foule pour trouver un peu de place, nos oreilles sont prêtes. La techno minimale de l’allemand nous secoue. Les jeux de lumières absorbent notre regard et sont grandioses. Le berlinois joue ses nouveaux unreleased, déjà passés au Made à Rennes ou encore au Weather Festival à Paris quelques semaines avant. Pour avoir plus de place et pouvoir respirer, c’est à l’extérieur du chapiteau qu’il faut aller et tant pis si la boue s’invite dans nos chaussures. A cette heure-ci même les plus chanceux finissent par être trempés… Tant qu’à être trempé autant aller à la Cour qui est d’ailleurs bien moins remplie que les éditions passées (chose exceptionnelle, il faut dire que c’est l’endroit le plus envahi de monde d’habitude).

 

Crédit photo : Maxime Chermat

Malgré la boue et la pluie, la Cour est plutôt agréable et spatieuse. Les jeux de lumières captent le regard. La pluie scintille dessus et nous envoie pleinement dans l’ambiance du set d’Emmanuel Top. Un vrai voyage musical. L’énergie est débordante. Nous allons faire un tour du côté de la scène tremplin pour voir le live très attendu d’Atlantic. Les deux DJs brestois mettent le feu aux platines. Nos tympans s’en souviennent. Les heures s’écoulent sans que l’on ne voit le temps passer… Il est déjà 5 heures. Manu le Malin a pris le contrôle de la scène Mekanik. Pendant que certains glissent dans la boue et commencent le concours de glissade, le français joue un set bien dark. Même si le DJ est un habitué du festival, il attire toujours autant les amateurs de musique pour sa débauche de décibels. Pour rester dans l’ambiance, Le Bask est programmé juste après. Assis sur les F1 du chapiteau Mekanik, Manu le Malin ambiance le public pendant le set de son collègue. La figure de proue du hardcore nous livre des kicks tapageurs. Assez, pour que l’on ait envie de se reposer au Chill out juste après afin de reprendre des forces pour Maceo Plex. Mais après sept heures sous la pluie, notre corps abandonne. Il est 8h et c’est la fin de notre Astropolis. Les plus motivés pourront continuer de faire la fête le lendemain au Vauban avec la soirée Cabaret Sonique. Pour nous, ce sera plutôt une bonne grosse nuit de sommeil.

Crédit photo : Julio Ificada

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