Sofiane Saidi, un artiste qui casse les codes

Sofiane Saidi après sa prestation, scène Gwernig.
© Julien Delacourt

Il nous vient tout droit d’Algérie et s’est produit cette année aux Veilles Charrues. Avec son style inclassable, Sofiane Saidi a enflammé la scène bretonne, qu’il affectionne particulièrement.

 

Après son concert samedi dernier au festival des Vieilles Charrues, Sofiane Saidi boit un verre entre deux interviews. L’atmosphère est détendue dans les loges, le show s’est bien passé. “Le public était au rendez-vous et il y avait une superbe ambiance”, dit-il d’un air satisfait et rassuré. L’artiste est actuellement en pleine tournée en France et à l’étranger pour son album, El Mordjane. Il rencontre d’ailleurs un succès aussi fou qu’inattendu. “L’album va peut être sortir au Japon, c’est dingue”, s’étonne-t-il.

Pas encore d’unanimité

Pour ce qui est de son pays, l’Algérie, les choses sont plus délicates. Avec le clip de son morceau Gasbah Ya Moul Taxi, qui montre un homme drogué, alcoolique, harcelant les femmes dans la rue, les gens n’ont pas tous réagis de la même façon. “Le clip a touché pas mal de jeunes mais il reste des traditionalistes qui ne veulent pas aborder certains sujets”. Des sujets comme l’alcoolisme, la violence et le harcèlement dont personne ne parle en Algérie, cela ne veut pas dire que ça n’existe pas. Cependant, Sofiane Saidi ne prétend pas vouloir passer des messages politiques dans ses morceaux, “c’est un kiffe la musique, rien d’autre”, sourit-il.

Un style bien à lui

Un mélange de musique traditionnelle algérienne, de raï, d’électro et de rock, voilà comment on pourrait essayer de définir le style de Sofiane Saidi. Ce mélange lui vient de loin. Enfant, il baignait entre musique traditionnelle en famille, et rock qu’il écoutait en cachette. “Je pouvais faire le tour de la ville pour aller chercher une cassette de Santana, c’était rare en Algérie mais ça se trouvait”. Il a ensuite découvert d’autres styles en France mais il ne faut pas oublier d’où il vient : « C’est hyper important de garder le côté traditionnel », insiste-il.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il ne chante qu’en arabe. D’abord, il veut faire connaître sa langue. Puis, il ne se voit pas chanter autre chose. “Je laisse le français aux écrivains”. Après tout, pourquoi chanter en français alors qu’on a l’arabe.

Après sa deuxième fois aux Vieilles Charrues, Sofiane Saidi reprend sa tournée. Il espère revenir au festival de Carhaix ou dans d’autres festivals bretons.

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