Musée de Morlaix : l’expo tire son portrait

© Olympia Roumier

Le musée des Jacobins de Morlaix accueille, depuis le 12 novembre et jusqu’au 20 mai, l’exposition « Portraits et figures ». Pour l’occasion, des oeuvres très différentes sont réunies, issues de collections publiques et privées.  Un mélange qui entraîne un éclectisme de style tout au long l’exposition.

 

Le musée de Morlaix fait un pari audacieux : mélanger toiles d’amateurs éclairés et tableaux de peintres célèbres. Le portrait, genre essentiel au monde de l’art, se doit d’être représenté dans toute collection digne de ce nom. Aucun artiste ne peut y échapper. Aussi, les musées possèdent souvent une collection de portraits. La bourgeoisie du XIXème siècle en était très friande, ainsi que la noblesse du siècle précédent. Avant l’invention de la photographie, peindre une figure était le seul moyen de garder mémoire d’un visage aimé ou d’une personnalité importante.

À l’entrée de l’exposition, un mur noir regroupe huit portraits très proches, et très différents. Tous sont les dignes symboles d’un genre universel : le portrait.

Un éclectisme des styles

© Olympia Roumier

L’accrochage nous permet d’admirer des œuvres de peintres réalistes tel que «Madame Andler», de Gustave Courbet, mais aussi des toiles de Maurice Denis, cohabitant avec des œuvres d’artistes plus classiques. Ces derniers peuvent être des créateurs anonymes ou  des amateurs bretons. Parmi cet ensemble, on peut citer également le « Portrait d’homme », de Clémentine Hélène Dufau, ou des œuvres impressionnistes, comme le « Fils du peintre jouant avec un crabe », de John Peter Russel.

L’exposition montre comment chaque peintre a su représenter, avec un style particulier, un modèle souvent dicté par la pose. Les toiles évoquent des sentiments universels comme la vieillesse, le temps qui passe, mais toutes sont uniques. En traduit l’oeuvre de Joseph Paul Alizard, « Dans le passé ».

© Olympia Roumier

Au fil de l’exposition, on remarque que le mélange des genres ne s’arrête pas à la peinture. D’autres techniques, comme la sculpture, sont représentées. La deuxième salle, elle, n’est destinée qu’aux photos de Pierre Pitrou. On y retrouve une ambiance beaucoup moins contrastée, avec des murs blancs, et une seule manière. Un autre regard se porte alors sur la création des portraits. Dans ses photos, Pierre Pitrou tient à « faire de la prise de vue un moyen et non une fin en soi ».

© Olympia Roumier

Cette exposition est aussi l’occasion de faire ressurgir des œuvres oubliées du public. Celles de Maurice Denis, entre autres, viennent d’être restaurées. Les deux portraits de Louise Rang-Babut ont montré, suite à leur restauration, un style très différent auquel le public ne s’attendait pas.

Des personnages qui sortent de l’oubli

Les œuvres exposées sont, elles aussi, des moyens de faire sortir des personnes de l’ombre, voir de l’oubli. Ainsi, Puyo, un investisseur important pour la cité du Viaduc, ressuscite sous le pinceau de Louis-Marie Baader. Plus loin, on retrouve le portrait de Gustave Geffroy, peint par Raffaelli, un important critique d’art originaire de Morlaix. Un jeu « Qui est-ce ? » est mis à disposition des visiteurs pour mémoriser les noms.

À noter qu’à partir du 4 février, le travail de Sophie Degano, portant sur des femmes oubliées du 12ème au 20ème siècle, sera exposé. L’artiste a réalisé des portraits de femmes qui se sont battues pour leurs idées, dans le but de les sortir de l’anonymat. Par leur style et leurs recherches, ces œuvres compléteront l’exposition. Cet aspect du portrait, comme hommage aux personnes oubliées, est essentiel.

Etudiant en journalisme à l'IUT de Lannion et directrice de la publication de Report Ouest pour l'année 2017-2018

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