F(l)Ammes : le feu embrase les femmes de France

Photo du site : http://www.maisondesmetallos.paris/2016/07/22/flammes

Samedi 21 janvier, au Grand T de Nantes, s’est jouée, comme le reste de la semaine, la nouvelle pièce de théâtre d’Ahmed Madani : F(l)ammes.

« Pourquoi il n’y a pas de femmes dans votre pièce ? », demande une femme dans le public après une représentation de la pièce: illumination(s). Ahmed Madani, le metteur en scène , répond : « cela vous intéresse de savoir l’avis des femmes ? » Il rajoute : « Et bien moi aussi. C’est pour ça que je voulais qu’elles aient leur propre pièce de théâtre ». Naît alors : F(l)ammes, face à leur destin.

Des femmes françaises venues d’ailleurs

De toutes origines, des femmes françaises se tiennent sur scène et déclinent la richesse culturelle du pays. De tout âge, de toutes origines sociales : les actrices de la pièce d’Ahmed Madani transportent les spectateurs dans un ascenseur émotionnel. Tel un témoignage de la vie des comédiennes et de leurs difficultés, chacune des jeunes femmes raconte sa vie, tour à tour. De la jeune fille brillante à l’école à la jeune femme voilée qui nous parle de sa vie de famille. De la jeune fille aux tresses multicolores nous parlant de sa passion pour le japon à la jeune fille qui fait du karaté dès son plus jeune âge… des récits propres à chacune d’entre elles. Le message est transmis aux spectateurs : une femme représente beaucoup plus qu’une mère ou une amante. De même qu’une origine ne condamne pas à une façon d’agir.

Un discours engagé

F(l)ammes n’est pas seulement une pièce engagée pour changer la vision des quartiers populaires. C’est aussi une pièce féministe. Celle-ci critique le patriarcat dont ces jeunes femmes font parti, mais aussi les stéréotypes qu’on leur accorde. Le fait qu’une femme voilée soit soumise à son mari alors qu’Anissa, sur scène, témoigne du fait que son mari ait décidé de la laisser vivre son rêve de comédienne et devenir homme au foyer. Les stéréotypes sur les coiffures des femmes noires: doivent-elles porter des perruques ? Doivent-elles tresser leurs cheveux ? Doivent-elles les garder tels qu’ils sont?

Ahmed Madani a toujours œuvré dans les quartiers populaires. Avec le projet face à leur destin, celui-ci a décidé de présenter des jeunes issus de l’immigration pour leur donner la parole. Son ancienne pièce de théâtre: Illumination(s), dont F(l)ammes est la suite, a beaucoup marqué les esprits. Celle-ci met en scène plusieurs hommes qui jouent le même personnage : Lakhdar. Ils le jouaient à travers différentes générations avec le père: martyr de la guerre d’Algérie, son fils : immigré en France dans les années 70 et son petit-fils qui était jeune de cité. Elle vise à retranscrire l’ambiguïté de la vie des immigrés en France, à la fois bi-nationaux et apatrides.

C’est sur l’hymne féministe d’Aretha Franklin, Respect, que s’est terminée la pièce. Une conclusion remplie de sens et d’espoir pour toutes les femmes qui ne se sentent pas à leur place dans notre société.

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