Jeff Mills, ou comme un air de Détroit au LC Club

Détroit, milieu des années 80. Juan Atkins, Derrick May, Kevin Saunderson, Robert Hood, Mad Mike, Darwin Hall et Jeff Mills font partie de ceux qui ont donné au mot « techno » tout son sens. Véritable pionnier du genre musical, le célèbre DJ producteur était présent à Nantes, au LC Club, pour la deuxième soirée « Legends » du 3 mars dernier. Un nom de soirée digne du personnage vedette de la nuit.

C’est le DJ résident du LC club, David Asko, qui donne le ton à cette soirée. Déjà, dans une atmosphère très techno. Les gens arrivent de plus en plus nombreux. La foule commence à danser, l’ambiance monte. On aperçoit depuis l’étage Jeff Mills, attendant son tour, accroupit. Il bat la pulsation du track de David Asko, en réglant les derniers détails sur sa fameuse TR-909, machine de création qu’il utilise depuis toujours en live. Deux heures du matin : David Asko termine son set, sous les applaudissements du public. Jeff Mills attaque.

Perdu dans la foule, face à Jeff Mills. © Peter JC Antoine

L’entrée en scène d’une légende

C’est grandiose. Véritable magicien, ses mains bougent dans tous les sens mais toujours de manière très précise. Il n’échangera cependant que de rares regards avec son public, trop concentré sur sa musique, qui l’anime depuis tant d’année, et dont il ne semble guère se lasser. La techno est envoûtante, parfois mélodique ou même brutale. Le live durera trois heures: elles passent très vite.

Quand on demande à Julien, originaire de Paris, ce que représente Jeff Mills pour lui, il nous répond : « Jeff Mills reste une carrure emblématique de la techno, à la fois mélodieux et ensorcelant ». Sous un tonnerre d’applaudissements, Jeff Mills quitte la scène à cinq heures, en remerciant son public. Il n’aura cependant pas mis l’accent sur « l’acid », sous-genre de la techno, qu’il aime d’habitude faire partager.

PSYK clôt la soirée de manière plus brutale. Sous ses airs de premiers de la classe, son kick lourd raisonnera pendant les deux heures qui lui son imparties. Le live plaît. La foule, composée d’un public de 18 à 50 ans, restera danser jusqu’aux aurores sur la techno parfois à la limite de l’Indus de PSYK.

Le LC : un club d’envergure

Le LC est sans conteste un des lieux phare de la scène techno/house de Nantes. La programmation est véritablement de qualité. Il a précédemment accueilli le king de l’acid : Emmanuel Top. Il accueillait aussi  Mezigue, l’étoile montante de la house made in paris, et recevra bientôt Perc ou encore Dave Clark.

Cet ancien hangar à bananes de l’île de Nantes a la chance d’avoir un plafond très haut, donnant un effet d’espace. Il permet la présence d’un grand étage tout autour de la scène. Les espaces fumeurs sont aussi spacieux.

Et de la place, il en fallait pour accueillir la foule de ce vendredi soir. Après une razzia lors des préventes, le club a rajouté 200 places, elles aussi parties très vite. Il a donc fallu en rajouter encore 100. A l’entrée du club, 200 places étaient en vente libre pour les retardataires.

Photo révélatrice de la foule présente pour Jeff Mills. © Maxence Billon

Finalement, oui, il y avait beaucoup de personnes. Dans les zones telles que les escaliers, toilettes, ou aux entrées des coins fumeurs, où on pouvait plus le sentir. Mais la soirée pouvait également être agréable sans se faire constamment marcher sur les pieds. Une deuxième salle « house » était ouverte pour pallier à ce problème et inviter les amateurs de ce genre musical.

Qu’en pense les spectateurs ?

Valentine, une briochine de 18 ans, nous répond que l’agencement du lieu est parfait. Pour Jean, 18 ans, venant pour sa part d’Angers : « Le LC est un club super bien agencé. On peut voir le DJ de tous les cotés, la scène house était parfaite pour se poser. Il y avait beaucoup de monde mais ça m’a pas dérangé plus que ça. J’ai mon spot secret là-bas d’ailleurs ! »

Les jeux de lumière sont présents. Le son est de qualité. Et ce, grâce aux puissantes enceintes « Funktion one » du club.  Cependant, petit reproche sur la simplicité des projections sur écran derrière  pendant le live de Jeff Mills, qui sont restées sur le même visuel. Les projectionnistes ont respecté certaines consignes.

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