Gilles Servat. « 70 ans… à l’Ouest »

Depuis juin 2016, Gilles Servat a commencé un nouveau spectacle, «70 ans… à l’Ouest». Hier soir, c’est au théâtre de Morlaix que l’artiste se produisait.  

Ce spectacle vise à retracer les 40 ans de carrière de l’artiste. Il reprend ses anciennes musiques connues, mélangées à des nouvelles chansons, plus intimes et moins politiques. L’artiste a aussi choisi de changer de musiciens et d’agrémenter son spectacle de poésie et d’humour.

Gilles Servat, dans les loges après les balances et avant son spectacle. @ Olympia Roumier

Comment vous est venu l’idée d’écrire ces nouvelles chansons?

C’était une idée de spectacle pour la vie de chanteur, j’ai écrit pour le spectacle en lui même. J’ai l’intention de sortir un nouveau disque, et faire un spectacle avant c’est important, ça permet de faire apparaître des chansons avec l’évolution du spectacle. Il y a toujours besoin de confronter les choses au public, pour voir si ça plaît et comment la chanson pourrait donner plus au public. On travail d’abord l’idée, puis on commence le spectacle et il y a une évolution au fur et à mesure de la tournée. Récemment par exemple, j’ai changé les paroles de l’Hirondelle. Beaucoup de chansons ressemblent tout de même au spectacle de l’année dernière.

Pourquoi garder vos anciennes chansons connues dans votre nouveau spectacle?

Je chante toujours la Blanche Hermine car parfois j’ai l’impression que les gens ne viennent que pour elle. Une fois, à Morlaix, je ne l’ai pas chantée et des personnes m’ont attendue à la sortie pour me dire qu’elles avaient payé et qu’elles n’étaient pas contentes. Alors bon, maintenant je la chante tout le temps, je ne suis pas un voleur. Même si la routine s’installe.

Pourquoi faire un spectacle moins politique et plus intimiste?

Aujourd’hui, les bretons n’ont plus honte de leur langue. Ma motivation n’est plus de mettre en avant la langue bretonne mais plus de récapituler mon parcours avant de partir…

Qu’est ce que le changement des musiciens vous a apporté?

Changer de musiciens m’a permis de m’ouvrir à d’autres horizons. J’ai dû m’habituer à la nouvelle ambiance musicale pour ce spectacle. Non pas que les autres étaient mauvais, loin de là. Mais, le changement permet de s’ouvrir à d’autres choses.

Plus jeune, vous aviez commencé les beaux arts, est-ce un regret de les avoir arrêtés?

Je ne regrette pas d’avoir arrêté les beaux arts car il est plus simple, pour moi, de faire passer des messages avec la musique. Il y a une différence entre la sculpture et la musique. La sculpture est toujours entière, elle n’a ni début, ni fin. Alors que la musique, elle, s’inscrit dans le temps, on partage notre message au moment où l’on chante pour notre public. Elle permet aussi de faire passer de l’émotion, et l’émotion c’est ça qui change tout. Une fois à Bordeaux, j’étais à un débat sur l’utilisation de la langue bretonne. Je me suis mis à chanter et des personnes qui étaient contre la langue étaient finalement émues par ma chanson, la musique rassemble.

Dans plusieurs spectacles, comme celui-ci, vous avez changé de style de musique, si on vous propose un jour de changer totalement votre façon de chanter pour un spectacle entier, qu’elle serait votre réaction?

Si on me propose un autre style, je ne dirais pas non, puisque je reste moi, c’est mon expression. Même si ce n’est pas une chanson d’opinion, ce n’est pas grave. L’amour aussi transmet énormément de message. C’est la personnalité qui compte.

Etudiant en journalisme à l'IUT de Lannion et directrice de la publication de Report Ouest pour l'année 2017-2018

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