Menacé, l’art du tuning renaît dans les Deux-Sèvres

Une bande de tuners a créé une association dans les Deux-Sèvres. Malgré les contraintes, ils continuent de rassembler leurs voitures pour maintenir la discipline.

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« Mon voisin et moi, nous étions fans. A force de parler des rassemblements, on a eu envie de créer notre club », se souvient le propriétaire d’une Citroën Xsara noire, phase une. Petit à petit, le projet se concrétise et de nouveaux tuners se joignent au groupe.

« Yoann est venu me voir sur le parking de Super U il y a quelques années », sourit Bruno Corbin, tee-shirt et ceinture à l’effigie de BMW. Il ajoute : « Au début, j’étais sceptique. En 98, je faisais parti d’un club. Ça ne se passait pas très bien. On devait aller à tous les meetings. J’avais une vie de famille, je ne pouvais pas. »

 « Certains font les cons. Ils se croient dans Fast and Furious et se font choper par les flics »

Bruno rejoint finalement la Kamikaze Team Paradize avec la volonté de redorer une discipline en perte de vitesse. « En fait, le tuning a pris beaucoup d’ampleur d’un coup. Les clubs ont donc instauré des critères pour sélectionner les voitures », explique Yoann Ruy. Bruno Corbin réagit : « Dans mon ancien club, les voitures devaient être un minimum rabaissées. Il fallait que les peintures soient neuves, sans rayures sur les pare-chocs. »

Pendant ses heures de gloire, la pratique souffre aussi d’une mauvaise image. « Il y a des personnes qui font n’importe quoi. », constate Benjamin Demolder, membre propriétaire d’une Opel Astra coupée grise. « A la fin des rassemblements, certains font les cons. Ils se croient dans Fast and Furious et se font choper par les flics », poursuit-il sans mâcher ses mots.

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Depuis quatre ans le tuning revit grâce aux petits clubs comme la Kamikaze Team Paradize. Les tuners restent toutefois confrontés à de nouvelles difficultés. « Nous sommes bridés par l’État qui instaure des lois anti-tuning. A partir du 1er janvier 2018, les pare-choc moulés faits-maison seront interdits », regrette Benjamin Demolder. « Les carrosseries sont en fibre. Mais certains les renforcent », tente d’expliquer le tuner tandis que le reste de la bande se charie dans la bonne humeur.

« C’est surtout commerciale », répond Bruno Corbin. Yoann Ruy enchaîne : « Il y a quelques années, l’État a accepté les vitres teintées. Maintenant, c’est interdit à l’avant. On a payé pour faire teinter nos vitres. Désormais, on doit payer pour faire retirer les films. C’est 50 euros le carreau ! ». Des mésaventures avec la loi, Bruno Corbin en a aussi plein la tête. « Je viens d’avoir une contre-visite au contrôle technique pour mes feux xenon. J’ai déjà eu des procès pour le tuning. Certains ont  même arrêté à cause des lois. »

« J’ai un pote, il a mis 15 000 euros dans sa peinture. Chaque voiture est personnelle »

 Avec son expérience, Yoan Ruy analyse la situation d’un autre œil : « Il y a surtout le facteur humain. Si tu tombes sur un gendarme qui aime le tuning, ou qui est neutre, ça passe. Mais les gendarmes ont aussi des quotas de contraventions à mettre ». 

Pour autant, la Kamikaze Team Paradize ne compte pas stopper sa pratique du tuning.  Benjamin Demolder espère relooker son Opel Astra.  « Je vais la rabaisser et lui faire un kit complet en gris. J’ai aussi des néons qui attendent », explique-t-il sourire aux lèvres. « On construit les projets ensemble. C’est le but d’un club : on fait de nos mains, en se donnant des  coups de mains »,  lâche Yoan Ruy. Pour le président de l’association, le tuning ne se résume pas seulement à la modification des véhicules.  « C’est  un art. Ça demande du goût et une maîtrise de la conception. J’ai un pote, il a mis 15 000 euros dans sa peinture. Chaque voiture est personnelle », résume-t-il.

Pour cette bande de tuners optimistes, l’art du tuning à encore de la route devant lui. « Les nouvelles générations commencent à s’y intéresser. Je pense que mes enfants finiront par tomber dedans », conclut Benjamin Demolder.

Paysan breton de coeur vendéen. Fan de catch étudiant en journalisme à l'IUT de Lannion.

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