Open Brest Arena : Duel des espoirs

 

Jeudi, au terme d’un match incertain jusqu’au dernier jeu, Daniil Medvedev s’est imposé 6/4 3/6 7/6 (7-2) face à un Benjamin Bonzi valeureux.

 

Pas de cadeau entre le meilleur espoir russe, 67ème au classement ATP et le jeune joueur français, classé 187ème. Du haut de ses un mètre quatre vingt dix huit, le géant russe assène des services à plus de 200km/h et pousse Bonzi dans ses retranchements. Le Français, fébrile dans son entame de match, concède le break d’entrée de jeu. Mené 2-0, il commence à rentrer dans la partie mais ne parviendra jamais à recoller au score, face à un Russe puissant qui joue long, très long. Courageux mais pas encore à la hauteur du jeu que propose Daniil Medvedev en cette première partie de match, il concède le set 6-4.

 

Benjamin Bonzi au service face à Daniil Medvedev. @ Armand Patou

 

Un réveil qui enflamme le court

Entame de set classique pour les deux joueurs, qui se rendent coup pour coup. On sent néanmoins un changement chez Benjamin : plus offensif, ses montées à la volée réussissent à provoquer la frustration de son adversaire.  » Ça y est, t’es dedans Benjamin !  » lance une vieille dame du public. Elle n’a pas tort. Et elle ne s’attendait pas non plus à ce que le jeune homme de vingt et un ans piège le russe sur son propre service. Bonzi prend le large et mène au score par 4-1. C’est aussi le réveil du public, jusque-là timide et bon enfant, l’ambiance du court devient électrique et chauvine. La Brest Arena est remplie et les « allez Benjamin » fusent. Daniil Medvedev n’a pas l’air de supporter cette pression et enchaîne les fautes et les mauvais choix tactiques.  » So stupide !  » l’entend-on crier : il jette sa raquette. Benjamin Bonzi déroule son jeu, proprement, sous les yeux d’un coach satisfait : il remporte la manche 6 jeux à 3.

 

 

Jusqu’au bout de la nuit

Troisième set décisif. Plus que jamais proches au score, les deux joueurs se regardent les yeux dans les yeux. Les métabolismes travaillent dur, les jambes fatiguent et c’est dans ce cadre que le géant russe perd ses nerfs. C’est la huitième fois qu’un arbitre de ligne signale une faute de pied, le joueur craque et jure contre tout le monde. La remontrance de l’arbitre le calme.  » C’est un joueur que je connais bien, son comportement comme son jeu. Je savais que je pouvais le mettre en difficulté avec mon physique. On fait avec ce qu’on a !  » confiera à la fin du match Benjamin Bonzi. Chaque joueur y va de son ace, de son smatch, et chacun marque son jeu de service. Instant critique pour Benjamin à 5-4 pour Danill : le russe s’offre une balle de match sur le service du français. Ce dernier, héroïque, résiste et s’extirpe de cette situation : 5-5. Le public enchaîne les  » clapings « , une hola est lancée. Pas assez serré au goût des deux hommes, ils poursuivent jusqu’au tie break. L’épopée Bounzi se corse. Jusque-là implacable face à un puissant Medvedev, le joueur français craque : il est rapidement mené 4-1 dans le tie break par le Russe, de nouveau bien dans son match. Ce dernier déroule et remporte le tie break 7-2. En se qualifiant, certes avec difficultés pour les quarts de finale, Daniil Medvedev confirme son statut de favori pour le titre. En plus de cela, il laisse le tennis russe se réjouir d’avoir un talent qui permettra d’assurer la relève des anciens. C’est l’allemand Yannick Maden, 181ème au classement ATP, qui l’attendra en quarts de finale.  » Il va falloir que j’effectue une très bonne récupération. Mais j’ai un bon masseur  » confie-t-il. Pour Benjamin Bonzi, c’est une forte déception, il se croyait  » si près du but  » mais il ajoute que  » c’était la surface de Daniil « , en référence au jeu rapide et très puissant pratiqué par le Russe, qui correspond au court matheco de la Brest Arena. Qu’il se rassure, il lui reste de très bonnes années devant lui, et ce talent français ne devrait pas tarder à exploser.

 

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