Montagne en scène, un hymne à l’évasion

Tout au long du mois de Novembre se tenait la 10ème édition de “Montagne en scène”, festival du film de montagne. C’est le 24 novembre que le festival pose ses valises au Gaumont de Rennes. Face à une salle pleine de plus de 400 personnes, cette édition d’hiver se révèle être un franc succès pour les organisateurs.

 

 

@Kilian Le Bouquin

 

Plus de 30 000 spectateurs ont assisté aux projections de montagne en scène dans près de 45 villes et 5 pays différents (France, Suisse, Belgique, Royaume-Uni, Luxembourg). Six films sont à l’affiche avec pour objectif “d’amener la montagne à la ville” pour reprendre le slogan du festival.

 

Une soirée des hommages

C’est par un hommage émouvant à Ueli Steck que débute la séance. Le festival projette un reportage poignant et humble sur la vie et les exploits de l’alpiniste, de celui que l’on surnommait la “machine suisse” morte dans l’Himalaya, en avril 2017.

 

 

@Petzl 2016

Quelques années plus tôt, c’est une autre personnalité qui nous a quitté, “Marco l’étoile filante” réalisé par Bertrand Delapierre retrace le parcours de l’intrépide Marco Siffredi.

Marco Siffredi c’était un mélange de folie, d’intelligence et de rêves toujours plus fous. “Marco étoile filante” c’est un bel hommage à l’homme aux cheveux verts qui voulait rider l’Everest. Mais Marco c’est avant tout un jeune à la recherche d’un terrain de jeu plus grand que les Alpes. Il s’envole dès lors vers d’autres sommets : les Andes et les montagnes de l’Himalaya. Toujours plus près des étoiles. Sa force de caractère atypique l’entraînera jusqu’au sommet de l’Everest. Il accomplit son rêve malgré une très faible médiatisation et des sponsors absents. Il retentera l’exploit un an plus tard mais disparaitra, son corps ne sera jamais retrouvé. L’étoile s’en est allé.  

 

Un seul mot d’ordre : liberté

 

Le film “Ya Mas” nous emmène en Grèce avec le pari un peu fou d’un groupe de jeunes, les “Snowmads”. Ensemble, ils se lancent pour objectif de rider le mont des dieux de la grèce antique, le mont Olympe. C’est à bord de leur van qu’ils vont parcourir la Grèce, entre surf et ski. Marco Freudenreich, réalisateur de ce court métrage d’une vingtaine de minutes, nous explique que l’idée de départ était d’aller skier dans les Alpes. Mais, suite à un mauvais début d’hiver dans la région, l’équipe décide de changer de plan et de partir pour les montagnes grecques. “Je pense que nous avons décidé d’aller en Grèce 10 jours avant le début du périple” nous confie-t-il.

Ils partent dès lors durant deux mois, à huit dans le même camion. Les panneaux solaires sur le toit du véhicule permettent de recharger les batteries des caméras. Quelques mois plus tard c’est un film à la réalisation particulièrement chiadée que nous avons la chance de voir projeter. Il relate les exploits des Snowmads, leurs ressentis, leurs mésaventures et leurs rencontres grecques.

 

C’est au confins de la Patagonie chilienne qu’un groupe de quatre guides de haute montagne décident de s’attaquer au Cerro Riso Patron, un géant de 2550 mètres. “Riso patron, Hasta las Webas” a été réalisé par Antoine Moineville, un des alpinistes de l’expédition. Récompensé au prestigieux “Piolets d’or”, le film nous fait voyager vers des terres encore vierges et peu foulées par l’Homme. Il nous lie de sympathie avec les marins du Principe qui se démènent pour débarquer les alpinistes à bon port. Ce reportage montre à quel point la détermination est la clé du succès. Lors de leur première tentative un des guides tombe dans une crevasse et se blesse à l’épaule, retour en France. L’année d’après c’est les icebergs qui bloquent le chemin vers le camp de base, les alpinistes décident alors d’attaquer le Cerro Riso Patron part une autre face. Fort de leur réussite, ils nommeront leur voie “Hasta las Webas”, expression chilienne utilisée en cas de problème majeur.

 

 

@Léo Tixador

 

La montagne se déplace… sans les réalisateurs

On regrettera cependant l’absence des protagonistes, réalisateurs et sportifs sur la scène du Gaumont. Ils auraient pu apporter des explications et une dimension humaine au festival qui s’est révélé n’être qu’une simple projection de film. Il aura manqué des échanges entre le public et les réalisateurs et d’autres animations pour donner vie au festival.

Ce qui aura péché dans la sélection des films est probablement l’omniprésence de vidéos au format YouTube. Des séquences punchy, certes magnifiquement filmées mais dont le potentiel narratif n’est pas au rendez-vous. Dommage, pour une soirée qui se déroulait dans un cinéma, nous aurions aimé pouvoir profiter d’histoires plus fortes. Il faut reconnaître cependant la qualité époustouflante des images des films Walking Dream et This Is Home. En somme, on en prend plein les yeux, c’est immersif et impressionnant.

 

Montagne en scène continue sa tournée jusqu’au 13 Décembre. Une fois l’hiver passé, il faudra attendre l’édition d’été pour qu’à nouveau, nos yeux voyagent à travers les magnifiques paysages et films que propose le festival.

Article écrit en collaboration avec Léo Tixador.

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