Tanika Charles : « C’était juste enivrant, et terrifiant »

Programmée au Hall 3 pendant les Transmusicales de Rennes, Tanika Charles s’est confiée à Report Ouest, à sa descente de scène. Après un live à la fois personnel et sensuel, elle fait un point sur sa carrière, ses origines et son futur dans la musique.  

 

Tanika Charles, rayonnante sur scène, transporte le public, malgré la « timidité » qu’elle évoque. @Quentin Danjou

 

Bonjour Tanika Charles ! Quelle est votre sentiment à la descente de scène ?

Je vis cette soirée comme un achèvement. J’étais stressé. Je voulais être sûre que tout allait bien se passer, tout le monde allait être satisfait. Il fallait que l’on ait le maximum d’énergie, que l’on soit en forme. On a joué, le public était magnifique et très attentif. Je voulais chanter toute la nuit, mais je devais m’arrêter ! Je suis vraiment contente d’être là et d’avoir fait ce concert.

 

Comment ça s’est passé pour vous ? Fière de votre prestation aux Transmusicales ?

L’hospitalité a vraiment été incroyable. Quand ils m’ont chanté joyeux anniversaire (Tanika Charles a 30 ans), je voulais pleurer.

 

C’est la première fois que vous jouez avec votre formation hors du Canada ou des États-Unis, est-ce que vous avez senti une différence entre les publics ?

J’ai fait un midi tour promotionnel avec mon guitariste au début de l’année, en Europe. Mais c’est la première fois avec mon groupe en entier (The Wonderfalls), devant autant de monde. Je n’avais jamais joué devant un public aussi nombreux. Et ils sont restés ! C’était fou. Habituellement, je joue dans des petits cafés … En fait j’étais un peu choquée que tant de personnes viennent pour me voir. C’était juste enivrant, et terrifiant. Avec le groupe on s’est dit : « on va juste faire le show, faire de notre mieux ».

Quand tu joues dans ta ville, beaucoup de personnes viennent. Tout le monde sait que tu es là. Donc au final, tous les publics sont différents en fonction des pays, des villes. Mais aujourd’hui, tout était vraiment spécial. C’était un peu comme un point d’achèvement dans ma vie.

 

The Wonderfalls, le groupe qui accompagne Tanika Charles sur scène. @Quentin Danjou

 

Comment s’est déroulée la rencontre avec Jean-Louis Brossard ?

Mon label, Record Kicks, travaille avec le festival. Un jour, au bureau du label, on s’est rencontré. Quelle belle personne ! De suite, il a pris soin de nous, me demandant si j’allais bien. Moi je lui demandais si ça allait, s’il avait aimé le concert ! Mais il était très attentionné vers le groupe. Une superbe rencontre.

 

Quelles étaient vos attentes par rapport au concert ?

Je n’attendais rien. On voulait juste venir et jouer. On voulait juste que les gens qui viennent passent un bon temps. Et malgré le fait que je ne sois pas connue, énormément de gens sont venus !

 

@Quentin Danjou

 

Un rituel avant de monter sur scène ?

Ouais ! [Elle mime des pompes inversées sur le canapé]. Je fais ça parce que je suis super nerveuse avant le concert. Après, on se réuni avec le groupe.

 

On a ressenti sur scène une certaine sensualité dans votre concert. Est-ce qu’il y a un message dans vos paroles de particulier ?

En fait, quand j’ai composé l’album, j’étais dans une relation un peu compliquée. J’étais engagée mais en même temps prisonnière. Cet album, c’est un peu une chronologie de cette relation jusqu’à ce que je me sépare de cette personne. En fait c’est un peu comme un encouragement aux personnes qui se sentent prisonnières de se libérer de cette relation. Hommes comme femmes. « Soit libre et vie, mais ne soit pas amoureux et fait de la merde ».

En temps normal, je prends le temps d’expliquer mes paroles quand je joue. Mais ce soir, je ne voulais pas trop m’épancher. Je ne parle pas assez français pour pouvoir raconter mes chansons, et je ne voulais pas parler anglais parce que les gens n’allaient pas trop comprendre.

 

Vous avez l’air d’être une femme libérée.

Oui carrément ! En même temps le gars il m’aimait mais me traitait comme une merde… Je me suis un peu perdue mais maintenant je vais très bien !

 

Et donc ce groupe c’est le votre ? Quelle est son histoire ?

Je voulais travailler avec une maison de disques. Je leur ai envoyé un dossier, et le groupe est passé avec moi ! Mon premier album a été écrit par moi seule alors que le second on va l’écrire ensemble dans studio.

 

Mais c’est une grande formation, avec deux guitares, deux voix, sythés et batterie. Ce n’est pas dur à manager ?

Oh non, pas ces gars là ! Ce sont tous mes amis. Je me suis un peu investie dans le choix des musiciens parce que dans la pensée des gens, la soul, c’est plus des cuivres, de la batterie, claviers. Mais moi je voulais échanger ça. C’est pour cela que l’on a deux guitares. C’est vraiment un ensemble que j’aime.

 

@Quentin Danjou

 

Quel est votre processus de composition sur le dernier album ? D’où est venue l’idée de faire de la musique ?

Je travaille avec un auteur parce que des fois je n’arrive pas à décrire mes émotions. C’est un de mes plus grands amis. On s’assoit dans une pièce, on écrit tous les deux et après on compare nos notes. Par la suite, c’est mon manager qui mixe le tout. On est une petite famille qui travaille ensemble. C’est pratique parce que si je veux ajouter un banjo, un clavier ou autre chose, c’est facile.

Mon rapport à la musique prend racine dans mon enfance. On écoutait beaucoup de musique dans ma famille. Mon père adorait le jazz. Il connaissait tous les compositeurs et tous les producteurs, il est incroyable. Mon frère chante mais il est trop timide, ma maman chante. Mais je ne savais pas que j’allais être chanteuse ! À la base je voulais être une actrice !

 

Et maintenant, vous avez plus un penchant pour le chant ou le cinéma ?

Je crois que j’aime bien jouer, parce que je suis quand même très timide au moment de monter sur scène. J’aime bien raconter des histoires, mais avoir en face un public quand on est sur scène c’est beaucoup plus intimidant qu’être derrière un écran.

 

Mais je ne peux pas vous croire quand vous dites être timide parce que sur scène vous est totalement libérée ! Par exemple vous vous allongez sur le sol à la fin d’une chanson, vous vous engagez physiquement quand vous performez.

On ne se rend pas compte comment j’ai peur avant de rentrer sur scène ! Je me dis « oh non je n’ai pas envie de faire ça … » Parce que je me compare à Solange ou Amy Winehouse et je ne me sens pas au même niveau !

 

Les projets futurs pour le groupe ?

Mon dernier album n’est pas très vieux mais j’ai mis beaucoup de temps à l’écrire (il est sorti en 2016 au Canada). En plus j’étais encore indépendante pendant l’écriture et le label a voulu le ressortir par la suite. Mais oui on travaille sur un nouvel album pour Mai 2018. Avant ça, on va revenir en janvier et février pour jouer dans des villes, en France. Puis encore des festivals et des concerts partout. 2018 va être occupé !

 

Merci Tanika Charles ! Traduit de l’anglais, interview réalisée jeudi 7  décembre au soir.

 

@Quentin Danjou

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.