Ibeyi en concert à la Nouvelle Vague : la satisfaisante humilité des jumelles Diaz

Toujours dans la lignée de son excellente programmation saisonnière, la Nouvelle Vague accueillait vendredi 16 mars Ibeyi. Les jumelles d’origine venezueliano-cubaine ont livré, sur la scène de la salle de spectacle malouine, une prestation aussi ambitieuse que maîtrisée.

De gauche à droite, Lisa-Kaindé et Naomi, à leur instrument respectif. @Briac Julliand

La soirée commence, alors qu’une bonne partie du public fait encore la queue dehors, avec la courte prestation de Niki Niki, dans la salle souterraine de la Nouvelle vague. Le duo, dont le premier album est sorti le jour même, a la difficile tâche de chauffer le public avec une demi-dizaine de titres. Une mission d’autant plus périlleuse que leur musique, très inspirée de l’atmosphère planante du premier album de The xx, n’est pas la plus apte à réveiller la foule.

L’exercice du public, Ibeyi n’en fait qu’une bouchée. Camouflées derrière des panneaux ne laissant apparaître que leur silhouette, les jumelles foncent sur scène en chantant a capella une mélodie connue d’elles-seules, en guise d’introduction au concert.

Les présentations sont faites, le ton donné : les deux sœurs se produisent sans musiciens, jouant à la perfection des instruments qu’elles n’ont pas peur de délaisser, pour préférer une proximité avec le public.

Dans leur combinaison bleue, qui rappelle celles des Naïve New Beaters, elles s’accaparent toute la scène, sans avoir peur d’en côtoyer les devants.

Les yeux dans les yeux, les deux sœurs enchaînent balades et tubes avec une évidente complicité, Lisa-Kaindé aux synthés, Naomi aux percussions. À chaque interlude, elles jouent avec les volets disposés sur scène, lesquels affichent une partie de l’artwork de leur deuxième album.

Lisa kaindé se charge des mélodies au synthé, pendant que sa soeur s’occupe des percussions. @Briac Julliand

Sans fausses notes

Chacune à leur manière, les jumelles construisent leurs morceaux avec un surprenant savoir-faire, même quand il s’agit, pour Naomi, de donner le tempo en frappant sur ses cuisses, sa poitrine et en claquant des doigts – exercice plus difficile qu’il n’y paraît.

Leur synchronisation à toute épreuve, précédée de longs silences durant lesquels elles ne se lâchent pas du regard, fait mouche. Le public scande, avec les musiciennes, le refrain de Deathless, titre phare de leur dernier album. Les boîtes à rythme s’arrêtent, ne reste plus que la salle, comble, qui continue de chanter à tue-tête :

« Whatever happens, whatever happens

We are deathless »

Le concert se termine sur la très attendue River, chanson déjà réclamée par le public au début du show. Plutôt que d’interpréter sagement le titre, les jumelles concluent en chantant, presque a cappella, avec le public.

La boucle est bouclée et le concert se termine – de manière presque trop formelle. L’enthousiasme des musiciennes semble tout de même avoir conquis le coeur de la foule.

Les chanteuses n’ont pas peur d’aller sur les devant de la scène, pour des versions a capella de leurs titres. @Briac Julliand

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