Guingamp se gargarise de Bordeaux sans saveur

Après 6 matches sans victoire, l’En Avant Guingamp a renoué avec le succès face à Bordeaux (2-1) lors de la 31ème journée de Ligue 1. Clément Grenier (55e) et Moustapha Diallo (59e) ont assuré le succès de l’En Avant, malgré la réduction du score de Malcom (80e). Guingamp est 10e, à 9 points de la zone rouge. Bordeaux est 12e avec un point de moins.

Les vignobles ne sont pas une spécialité bretonne. D’ordinaire, ce domaine sied davantage aux Girondins. Préfèrent-ils le rouge ou le blanc ? Il en va de leur propre subjectivité. Mais, en ce dimanche pluvieux, les joueurs de Gustavo Poyet, tout de blanc vêtus, doivent garder une légère amertume en bouche. En difficultés depuis février (5 matches sans victoire), les Bordelais continuent de tituber. Au Roudourou, ils ont livré une prestation trop fade pour repartir de l’avant. Tout le contraire des Guingampais, dont la traditionnelle robe rouge avait – pour une fois – davantage de saveur.

A l’instar de Bordeaux, l’En Avant laissait un goût d’inachevé depuis plusieurs rencontres (6 matches sans victoire). Avant le match, les supporters costarmoricains ont donc montré de vifs signes d’encouragement à leurs joueurs. Le message était clair : aujourd’hui, le cru devait être de qualité. Pas la vulgaire piquette servie depuis quelques matches. Message reçu. Dans une ambiance particulière, suite au décès du jeune U12 Baptiste Le Foll, les Guingampais ont travaillé le raisin avec précaution. « On était dans le doute, c’est un gros match qu’on a sorti », a salué Antoine Kombouaré en conférence de presse d’après-match.

L’étincelle est venue de Grenier

Il a fallu un peu de temps pour que le vin prenne corps. Pour obtenir la meilleure cuvée possible, les Guingampais ont d’abord dû soigner la récolte. « On voulait d’abord construire notre succès sur la défense, a précisé Antoine Kombouaré. Ne rien donner aux Bordelais. Et ils n’ont eu quasiment aucune situation en première mi-temps. » Solide défensivement, plus efficace à la récupération, plus appliqué dans l’élaboration du jeu, Guingamp a seulement manqué d’une note de folie aux abords de la surface adverse. Cet arôme un peu sucré dont raffole Malcom, seul instigateur – ou presque – des offensives girondines, même si son relais avec Braithwaite restait vain(18e).

La situation s’est décantée au retour des vestiaires. D’une belle demi-volée, Clément Grenier était déjà proche d’ouvrir le score (51e). L’étincelle est bien venue de l’ancien Lyonnais, auteur d’un coup franc magistral dans la lucarne de Costil (1-0, 55e) rappelant quelques millésimes de ses saisons rhodaniennes.  A peine cinq minutes plus tard, le Roudourou plongeait un peu plus dans l’ivresse. De retour dans le onze titulaire, Moustapha Diallo était à l’affût pour reprendre un ballon mal dégagé par la défense bordelaise suite à un coup franc de Yeni Ngbakoto (2-0, 59e). A l’approche du dernier quart d’heure, l’EAG pouvait encore affiner son breuvage, mais Jimmy Briand, seul face à Costil, manquait de lucidité (75e).

N’ayant pu prendre le large, Guingamp s’est exposé au retour des Bordelais. Coupable d’une main dans la surface, Ikoko a donné, malgré lui, un nouveau parfum à la fin de rencontre. Et malgré un premier arrêt de Johnsson, Malcom est parvenu à réduire le score (2-1, 80e). « On pensait être à l’abri. Mais apparemment on aime souffrir », a souri Antoine Kombouaré. Reculés dans leur camp, les Costarmoricains ont pu faire l’étalage de leur irrégularité coutumière. Heureusement pour eux, Kalle Johnsson a fait bouchon (26e, 77e, 82e) pour empêcher à leur partie d’avoir un sérieux goût de bouchon. Ce soir, à Guingamp, le rouge sera allègrement dégusté. De quoi fêter le maintien ? Inutile de s’enivrer trop vite, mais les Bretons sont à neuf points de Troyes, l’actuel barragiste. A neuf points d’une zone, rouge elle aussi, mais dont ils s’épargneront volontiers la saveur.

 

Joachim Gonzalez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.