Yoan Raoul – Chasseur d’images

Yoan Raoul sur la côte de granit rose.

Yoan Raoul préside le groupe d’études ornithologiques des Côtes-d’Armor et est membre de l’Association des Photographes Animaliers Bretons. Pour Report Ouest, il revient sur son engouement pour la photographie animalière, entre patience et persévérance.

Sur le parking du phare de Mean Ruz, à Ploumanac’h, un chassé croisé incessant de touristes, randonneurs, plongeurs se succède. Yoan Raoul débarque, non mécontent qu’une personne lui ai donné un ticket de stationnement lui évitant quatre euros de frais. Appareil photo sur l’épaule, pantalon de randonnée et rangers marrons en cuir, on croirait voir débarquer un trappeur au milieu des rochers.

A 23 ans, Yoan Raoul est photographe à Pommerit-le-Vicomte. « Ce qui fait vivre dans ce métier ce sont les mariages et les photos scolaires. » La photographie animalière reste une passion pour le jeune actif qu’il cultive, « car je n’ai pas d’impératifs, pas de pression. »

Perché au-dessus de la mer, le jeune homme, à la barbe bien taillée, scrute l’horizon. Ses yeux ne s’en détachent que très rarement, même pendant la discussion. Un requin-taupe pourrait surgir du bord, attiré par le maquereau qui se rapproche des côtes le soir venant.

Un tournepierre à collier sur les roches de Ploumanac’h.

Le granit, c’est un des ses terrains de jeux. Il le connaît par cœur : « Les bécasseaux violets sont derrières, là-bas ». En effet, sur un rocher, au loin, quelques tâches se dessinent. S’en suit alors un parcours entre vagues et rochers, escalade et évitement d’algues que la marée dépose sur le bord. Arrivé à quelques mètres des oiseaux, il fait le briefing. « Il ne faut pas arriver de face. Si on s’approche doucement, on peut réussir à les approcher à seulement quelques mètres. » Les pieds en équilibre sur la bordure d’un rocher, Yoan décroche le téléobjectif de son épaule, appuie sur le déclencheur pendant qu’au fond de son boitier, un tournepierre à collier s’imprime.

La passion de la nature lui vient naturellement, héritée de son père ornithologue. Très tôt, il s’intéresse aux oiseaux. À 14 ans, il commence la photographie. Trois ans plus tard, il devient le plus jeune membre de l’Association des Photographes Animaliers Bretons. « Ça m’a permis d’avoir un temps d’avance sur mon programme lorsque j’étais en BTS gestion et protection de la nature près de Nantes ». Son temps libre, il l’occupe à la photographie, à la recherche d’endroits et aux longues heures à attendre en affût. Avec un ami, pendant plusieurs semaines, il suit un groupe de renards, quand un jeune vient calmement poser à quelques mètres de lui. Sur les réseaux sociaux, il enchaîne les messages de tolérance envers la faune sauvage : « Certains animaux sont chassés alors que leur population régresse … » On ressent l’agacement du naturaliste.

Son univers, il aime le partager avec ses pairs. Face à l’imposant phare de Ploumanac’h, les 7 îles surgissent de la mer. Une fois tous les ans, il y organise un stage à bord d’un sinagot à la voile rouge ocre. Une annexe permet aux plus curieux de s’approcher au plus près du Fou de Bassan et autres macareux moines. L’année prochaine le photographe va sortir son premier livre. En attendant, il termine les derniers mariages de la saison avant de se replonger dans la nature, exutoire du stress de la vie quotidienne.

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