Bons Baisers (Volés) de Saint-Malo !

La salle de la Nouvelle Vague, à Saint-Malo, accueillait un nouveau festival, les 28, 29 et 30 septembre. Baisers Volés, c’est le fruit d’une collaboration entre programmateurs, bookers et artistes.

Il en faut du courage pour monter un festival. La première édition de Baisers Volés ne déroge pas à la règle. Trois jours de musique pour rassembler la scène francophone émergente, l’idée est venue de Guillaume Benfeghoul et Cyril Bahsief, deux bookers parisiens. Ils travaillent respectivement chez Allo Floride Production et Öctöpus : « On a monté un premier projet, le Winter Camp festival. Vu que ça s’est bien passé, on a voulu créer une autre proposition ». L’idée de Baisers Volés est née. Après une rencontre avec Jérôme Chevalier, directeur de la Nouvelle Vague à Saint-Malo, tout se concrétise : « Les brainstormings se sont succédés pour arriver à ce résultat final ».

Un visuel et un nom inspiré du film de François Truffaut : Baisers Volés tient une ligne artistique très exigeante.

Ces artistes émergents français sont dénichés dans le carnet d’adresse des co-organisateurs. En ressort une programmation bien calée dans l’agenda des sorties. « Jeanne Added présente son album il y a une semaine, ça donne un sacré coup de projecteur sur le festival, car nous sommes une des premières dates de sa tournée », explique Guillaume Benfeghoul. Un beau hasard aussi, l’explosion rapide d’Eddy de Pretto, à en observer la foule compacte qui lui faisait face samedi soir. Il laisse derrière lui une impressionnante satisfaction, un live parfaitement maîtrisé, pour le plus grand plaisir des yeux et des oreilles. Le public est charmé, « Oh putain y’a Eddy de Pretto », s’exclame le premier rang à la crash barrière.

Eddy de Pretto a impressionné de professionnalisme les spectateurs de la Nouvelle Vague, autant les jeunes que les plus anciens.

Lumineuse, Jeanne Added s’est saisie en fin de set de sa fidèle basse, que l’on entend plus sur son premier opus que le récent Radiate, sorti le 14 septembre.

Reprises et pogos à la Nouvelle Vague

Il en faut aussi du courage pour monter sur scène, exposer sa voix, son corps et ses chansons. L’explosive « Grenade » de Clara Luciani, dévoilée vendredi soir, aura charmé une salle comble. Malgré les flaques de bières collantes sur le sol, tout le monde s’est déhanché sur une superbe reprise de Metronomy, The Bay devenue « la Baie ». Clara Luciani jongle entre morceaux enjoués et la classe d’un simple guitare-voix. A chacun de profiter d’une voix capable de plonger dans les graves comme de monter dans les aigus avec une aisance déconcertante.

Dans un style très classe mais relativement simple, Clara Luciani a littéralement dragué le public dans chacun de ses mots.

Le guitariste de Clara Luciani, survolté, a électrisé la Nouvelle Vague le vendredi soir.

Déconcertante aussi l’ambiance d’une Nouvelle Vague survoltée et pogotant à tout va en écoutant Bagarre, en clôture du samedi soir, beuglant « la jeunesse emmerde le Front National ». Pari gagné pour les organisateurs ? « Le contrat est rempli, le public a répondu très favorablement. La scène française émergente a attiré nombre de spectateurs, il restait très peu de billets ». Autre preuve de réussite, la présence de Fakear, venu gracieusement mixer vendredi soir, voulant lui-aussi profiter de la soirée. « On a mis le paquet sur cette première édition, qui est un franc succès. Donc on peut s’engager à reproduire l’événement l’année prochaine », conclut Jérôme Chevalier. A bientôt donc, Baisers Volés.

Shelmi conclut un set vocodé surprenant, avec pour simples instruments sa guitare et sa voix.

Quentin Danjou

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