40ème Trans Musicales : de la diversité et et des expériences musicales uniques

Ils étaient trois moteurs, il y a 40 ans, qui voulaient défricher une France bien coincée dans ses mœurs. Si en 1979, l’heure est au rock, musique électronique, blues, punk … des dizaines de genres se retrouvent désormais programmés pendant les 5 jours du festival qui se déroulait du 5 au 9 décembre.

58 000 festivaliers ont été recensés, dont 32 000 pour les soirées au parc des expositions. @QuentinDanjou

Des expériences musicales uniques, il est possible d’en rencontrer une ou deux dans chaque festival. On aurait presque tendance à dire qu’aux Trans, les 2529 artistes programmés depuis 1979 sont des expériences musicales uniques. Vurro, accompagné de sa batterie, de ses deux claviers et de quelques clochettes, est un bon exemple. Coiffé d’un crâne de taureau, il dévoile un set fou. Car il les utilise en tapant sur les cymbales de sa batterie. Un micro est d’ailleurs intégré au crâne. L’espagnol interprète un rock‘n’roll communicatif. Dégoter ce genre de petites pépites venant du monde entier, les Trans ont fait de cet idée une ligne directrice de la programmation.

Aucun artiste international ne s’est produit aux Trans lors des premières éditions. Aujourd’hui, ils représentent au moins la moitié de la programmation. @QuentinDanjou

Une partie importante de la programmation fait donc part à l’international, mais les artistes français ne sont pas en reste. Vêtus d’un costume banane et pastèque, Péroké, composé de Sylvain Rousselle et Fred Guillon s’imposent avec leur climat funky, dans le hall techno du festival. Mélangeant l’électro, le hip hop, le jazz, l’afrobeat, le funk, et apportant des sons traditionnels nigérians ou éthiopiens, ces deux oiseaux sauvages ambiancent la Greenroom.

Une foule nombreuse attendait Péroké dans la Greenroom. Pas forcément là pour taper du pied mais pour se déhancher sur des rythmes tropicaux. @QuentinDanjou

 

Impressionnant mélange de styles

Ce qui a aussi changé aux Trans depuis 40 ans, c’est l’accompagnement de l’émergence des nouveaux styles musicaux. D’une programmation 100% rock, aujourd’hui, l’heure est à la diversité. Comme cet ensemble vocal arménien, The Naghash Ensemble. 7 musiciens qui, à 23 heures vendredi, ont joué des morceaux traditionnels. Un moment hors du temps, presque improbable. Ici, il n’est pas question de rock, mais de folles envolées lyriques.

Lyrique aussi était la voix d’Hubert Lenoir. Un canadien, déjà entendu sur la Voix (The Voice outre-Atlantique) avec le titre Fille de Personnes II qui reste en tête. Un premier album est sorti, Darlène, en février. Quoi de mieux que les Trans pour une première date ?


C’est souvent l’occasion pour les groupes étrangers de faire leur première date en France à l’occasion du festival. C’est par exemple le cas d’Al-Qasar, dont l’interview sera prochainement à lire sur Report Ouest. Le groupe marocain-algérien-américain reprend les rythmes du rock anatolien des années 70. Une présence qui fait suite au show l’année dernière d’Altin Gün.

Pas de fantaisies particulières pour cette 40ème édition, mais une forte présence d’artistes africains. Ils composaient au total, 1/3 de la programmation. Un pari qui semble être un succès. Pongo, Arp Frique, ou encore Nihiloxica ont fait dansé le parc des expositions. On notera tout de même la déception autour d’Ekiti Sound. Problèmes de son, basses poussées à fond, une ouverture du hall 9 loin d’être optimale.

Voilà donc quatre décennies que les Trans continuent d’attirer foule et de marquer la fin de l’année. La recette d’une telle longévité ? « Le festival se construit sur 12 à 14 mois en amont« , explique Béatrice Macé, co-directrice du festival. C’est aussi une structure solide qui a fait école dans le monde de la musique. Une association, des employés, une salle de concert (l’Ubu) et des partenaires institutionnels et privés toujours présents. « 38% du budget des Trans, ce sont des subventions, ajoute Béatrice Macé. L’objectif est de tendre vers une répartition 1/3 subventions, 1/3 fonds privés, 1/3 fonds propres ».

Des finances équilibrées qui permettent aux festivaliers de venir écouter de la musique gratuitement, notamment à l’Ubu et à l’Étage. On aura eu plaisir à découvrir Ko Shin Moon et leur musique psychédélique, Initial Bouviers Bernois ou Praa, vue à I’m From Rennes en septembre, et surtout Fleuves. Le trio piano-basse-clarinette a envoûté les curieux venus écouter leur musique électronique progressive aux mélodies complexes qui rappellent des airs 100% bretons. C’est aussi dans ces lieux que les Trans vivent et font vivre des moments de purs frissons. Toujours uniques.

Le trio Fleuves a fait très forte impression sur la scène de l’Étage. Des morceaux complexes mais parfaitement exécutés ont transporté les festivaliers. @QuentinDanjou

Quentin Danjou et Emma Tardif

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