Peter Hook & The Light, et l’obscurité fût

Peter Hook à la Nouvelle Vague, à Saint-Malo

Peter Hook à la Nouvelle Vague, à Saint-Malo

Le 18 janvier, Peter Hook, ancien bassiste de Joy Division et ex membre de New Order, a investit la salle de la Nouvelle Vague à Saint-Malo, dans le cadre de la tournée Substance. Le nom, en référence aux cultissimes compilations des deux groupes dont il a fait partie, jusque dans les années 2000 pour le dernier, désigne la « tournée hommage » pour laquelle il se produit depuis 2013. Et à 62 ans, Hooky ne semble pas prêt de rendre les armes, en témoigne le double concert de près de trois heures auquel a assisté le public de la scène malouine.

Avec une trentaine de chansons sur la setlist, pas besoin de première partie. Dès 20h30, la formation de Peter Hook s’est installée sur scène, et les premières notes de « All The Way » ont retenti. Le tube, issu de l’album Technique, a fait mouche, entraînant le public dans un voyage temporel de près d’une heure et demie, en pleine époque clubbing des années 80.
Sur scène, Peter Hook en impose, la main tantôt tendue au dessus du public, contemplée comme le messie par les spectateurs, tantôt sur le manche de sa basse qu’il porte descendue jusqu’aux genoux, comme une marque de fabrique adoptée depuis ses débuts, il y a plus de 40 ans.

Peter Hook au chant, reprend les titres de Joy Division et New Order.

Peter Hook au chant, reprend les titres de Joy Division et New Order.

Car s’il est en tournée depuis près de six ans maintenant, c’est pour rendre hommage aux discographies de Joy Division et New Order, deux groupes aujourd’hui cultes. Le premier, né à la fin des années 70, incarne pour beaucoup l’essence du mouvement post-punk de l’époque. Menée par le charismatique et très poétique Ian Curtis, la formation est à l’origine de (seulement) deux excellents albums : Unknown Pleasures, paru en 1979 et dont la pochette est connue de tous, et Closer, sorti un an plus tard, quelques mois à peine après le suicide de Curtis.

L’évènement est un électrochoc pour le groupe, qui décide tout de même de se reformer sous le nom New Order la même année, et de sortir un premier disque, Movement, dès 1981. L’album, qui semble hanté par l’esprit de Ian Curtis, tant tout y rappelle Joy Division — jusqu’au chant, pourtant difficilement immitable, de l’ancien leader —, est à l’origine d’une discographie qui inscrit vite la formation de Manchester en pleine vague new wave, aux côtés des Cure notamment.
Peter Hook, à la basse depuis les débuts, quitte New Order en 2006. Si le groupe se produit encore — il est déjà programmé au festival Rock Werchter, en Belgique, pour une date cet été —, lui préfère se contenter de reprendre les plus grands titres de ses anciens groupes.

C’est ainsi qu’après avoir joué « Procession », la formation de Hooky s’est lancée dans la reprise des 12 titres de Substance, compilation des meilleurs singles de New Order, alternant les titres cultes (« Blue Monday » et « The Perfect Kiss » en tête), et les morceaux plus nostalgiques des débuts de la formation (« Ceremony » et « Bizarre Love Triangle » notamment).
De quoi faire résonner des instruments à l’écho cathédralesque dans la salle (comble) de la Nouvelle Vague — pas étonnant, tant le groupe incarnait le pan gothique de la new wave —, reprenant de manière aussi analogique que possible chaque morceau. Une tâche difficile au vu de la richesse des titres du groupe, de quoi excuser l’usage important de la boîte à rythme pour le seul batteur.

Peter Hook est accompagné d'autres musiciens, dont un second bassiste.

Peter Hook est accompagné d’autres musiciens, dont un second bassiste.

Puis, après 1h30 de concert et une courte pause, les musiciens sont revenus avec « Disorder », premier titre, au riff de guitare culte, de l’album Unknown Pleasures. Exit, donc, la richesse des compositions de New Order, et place aux lignes de basses structurantes, plus lentes, sur lesquelles les mélodies viennent se poser.
Comme sur le albums, la basse est sourde et les guitares presque stridentes. Le chant, quant à lui, de Peter Hook, ne fait pas défaut à la voix de baryton de Curtis. De quoi créer une ambiance presque anxiogène, en décalage total avec la nostalgie euphorisante du concert d’avant.

Avec des titres comme « She’s Lost Control » ou « Isolation », la setlist regorge des meilleurs titres de Joy Division, reprenant même le morceau « Warsaw », l’une des premières démos du groupe.
Les titres, tous impeccables, s’enchaînent jusqu’au tant attendu « Love Will Tear Us Apart », dernier du concert, électrisant le public dès ses première notes.

Les musiciens quittent la scène, le public semble conquis — de façon légitime, au vu de l’expertise avec laquelle les morceaux sont joués —, ce même malgré la discrétion d’un Peter Hook pas des plus loquaces. De quoi épargner au public malouin la sortie du musicien, en concert à Toulouse quatre jours plus tard, qui a demandé à un spectateur handicapé de quitter le premier rang.

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