Route du Rock 2019 : plus qu’un festival, une expérience musicale

Au Fort Saint-Père, à côté de Saint-Malo, il était possible de croiser Tame Impala, Metronomy ou encore Idles à la 29e de la Route du Rock. Mais au-delà du festival, c’est une expérience globale qui est proposée. Immersion.

Vendredi 16 août, 17 heures, camping de la Route du Rock. À l’heure de l’apéro, les tentes sont fermées et seules quelques âmes errent après une bonne douche. Les festivaliers seraient-ils effrayés par le gros nuage noir menaçant ? Nullement. Avec une ville de Saint-Malo (très bien) desservi par des navettes, tous sont partis en ville, une bonne partie à la plage.

 

Qu’on y reste quelques minutes ou toute l’après-midi, difficile de ne pas apprécier la plage de Saint-Malo.

 

DJ set et concerts à la plage

Ici, chacun profite de la mer. La Route du Rock, ce n’est pas un festival qui se cantonne dans un espace restreint, il se développe dans plusieurs lieux. Difficile de rester planté à la porte de sa tente. Sur la plage, nombreux sont les bracelets Cashless qui s’affichent, auxquels se côtoient les familles en vacances. Face à eux, DJ Set et concerts. AJA, Le Super-Homard ou encore Laure Briard.
Les festivaliers profitent de la ville, mais la ville profite aussi du festival. Une concrétisation de l’entente plutôt productive entre les deux entités depuis quelques années, après des soucis sur la mise en place de travaux sur le site du Fort Saint-Père.

Petit beach-volley, pour les courageux.

 

Et heureusement que ces travaux ont eu lieu. Car sous Metronomy samedi soir, la douche est autant musicale et lumineuse que pluvieuse. Totalement trempé, le public chantonne sur presque tous les morceaux du groupe anglais. Le set est très bien rythmé. Les morceaux du nouvel album prévu pour septembre s’intègrent parfaitement à l’ensemble, en particulier « Lately ». Mention spéciale à la clôture du concert avec « You Could Easily Have Me », issu du premier disque du groupe. La boucle est bouclée.

Metronomy commence sons et par la présentation individuelle de la part des musiciens.

 

Premiers riffs dès mercredi soir

Mais pour mieux saisir la globalité de l’expérience, retour trois soirs plus tôt. Nous sommes mercredi et la Nouvelle Vague, la scène de musique actuelles de Saint-Malo, accueille trois groupes menés par des femmes, américaines. Une emballante soirée d’introduction, résolument rock de A à Z (contrairement aux autres soirées sur le site, on y revient). Cela fait depuis 2013 qu’elle s’y déroule, dans une ambiance bien plus intimiste. Et cette programmation au focus précis permet d’encore mieux apprécier des groupes que l’on imagine moins sur les grandes scènes du festival. Ravis sont les amateurs de rock qui ne se contentent pas de trois jours de fête. Sharon von Etten marque d’ailleurs les esprits, après le passage plus timide d’Ana St-Louis et les premiers -vivifiants- riffs de Big Thieff.

Sharon von Etten à la Nouvelle Vague.

 

Anna St-Louis, seule sur scène.

 

De 800 personnes mercredi soir à plus de 10 000 jeudi, le contraste est un peu violent. Tout comme la puissance des groupes qui se présentent sur les scènes du Fort-Saint-Père. Le combo Fontaines D.C. – Idles – Tame Impala a attiré la foule. Le nombre de slams est aussi en grosse progression. Les musiciens de Idles se jettent instrument inclus, dans la masse compacte qui se presse aux crashs barrières. Le changement d’ambiance avec la veille est radical et c’est tout aussi plaisant. La Route du Rock monte en intensité.

Le guitariste de Idles dans les airs.

 

Jeudi soir, la Route du Rock portait très bien son nom.

 

La soirée atteint la stratosphère quand la bande de Kévin Parker arrive sur scène. Un petit regret de ne pas découvrir l’arc de cercle aperçu à Coachella. Mais les lumières psycadéliques, roses, bleues, jaunes et vertes, aidées par une grosse dose de confettis et de fumée font le travail. Un petit creux au milieu du set, le temps d’aller chercher un bon burger, avant de prendre une claque quand sonne « Elephant ».

Lumières et conflits au programme du show très visuel de Tame Impala.

 

Tame Impala mené au centre par Kevin Parker.

 

Techno et Route du Rock

Black Midi annonce la fin de la soirée pour nous. Le groupe rock réveille la foule qui plane encore après Tame Impala. Jon Hopkins et Lena Willikens joueront jusque tard dans la nuit. Mais il est difficile de se faire entraîner dans leurs univers. De la techno à 1 heures du matin, dans un festival de rock, on aura toujours un peu de mal à comprendre.

Les festivaliers et les habitants de Saint-Malo ont pu profiter, en plus d’aller aux concerts à la plage, d’une exposition et d’une conférence. « On essaye de lier les nouveaux groupes avec les historiques, pour ne pas les oublier », expliquaient Alban Coutoux et François Floret, les programmateurs du festival, en conférence de presse de clôture. Offre culturelle globale, c’est une autre manière de diversifier l’expérience festival.

Cette expérience se prolonge avec la (re)découverte d’Altin Gün vendredi soir. L’envoutant sextet néerlando-turque, qui a marqué les Transmusicales il y a deux ans, défend aujourd’hui son second album. Avec la manière. Hot Chip enchaîne et transforme l’essai : ce vendredi, qui s’annonçait un peu moins excitant avec l’annulation de Beruit, remplacé par un DJ Set de 2Manydjs, fait bataille égale avec les deux autres jours du festival. La Route du Rock dresse donc un bilan très honorable. Trois soirées réussies au Fort Saint-Père, une Nouvelle Vague comblée, une plage bondée. L’expérience est réussie, on y retournera donc avec joie.

 

Sous la pluie, l’attente des concerts est parfois un peu longue.

 

Altin Gün confirme son super potentiel avec un second album très progressif.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.